Extrait #3 du roman « Les traducteurs de rêves »

« […] Le manuscrit n’était pas très épais. Il s’agissait davantage d’une novella que d’un roman. Il fallut à peine plus d’une demi-heure à l’horloger pour le lire dans son intégralité. Lewis attendit son opinion avec anxiété. George poussa un long soupir et débuta ses commentaires.
— Ne prenez pas mal ce que je vais vous dire, monsieur Rabbit, commença-t-il. Je vais être très honnête avec vous, puisque vous me l’avez demandé. Ce roman n’est pas bon, pas bon du tout. Il y a beaucoup trop d’incohérences, de répétitions, de fautes d’orthographe. L’histoire est trop prévisible, sans le moindre rebondissement.
En entendant l’énumération des défauts de son manuscrit, Lewis fronça les sourcils. La contrariété se lut facilement sur son visage. Une petite veine sur sa tempe gauche palpita, signe de la colère qu’il essayait de dominer.
— Je vous l’ai dit, ne soyez pas offensé. Je ne suis pas auteur, mais en tant que lecteur, je n’achèterais jamais un tel livre. Cette histoire d’ancienne serveuse devenue infirmière spécialisée dans les enquêtes sur des phénomènes paranormaux durant la nuit est tout simplement grotesque. Et c’est pour cela que personne ne voudra l’éditer. Je suis sincèrement navré.
Lewis s’approcha alors de Chronos et serra violemment son cou de ses deux mains. Le vieil homme suffoqua rapidement.
— Alors tu vas me donner un coup de main pour écrire quelque chose de mieux, vieux débris.
— Ça suffit, tu vas le tuer, espèce de fou, hurla Cassie. Il a raison, ce roman est lamentable. J’ai honte d’en être l’héroïne. Je ne voulais pas te mettre en colère, alors je n’ai jamais rien dit, mais c’est la vérité.
Surpris par une telle révélation, il desserra subitement son étreinte, laissant George reprendre sa respiration. L’horloger toussa en frottant son cou.
— Cassie, je l’ai écrite pour toi cette histoire, parce que tu méritais mieux que la première vie que je t’avais inventée, expliqua Rabbit.
— Je le sais bien, mais elle est nulle. Il faut voir les choses en face.
— Tu vas m’aider à la réécrire ! ordonna à nouveau l’auteur au vieil homme.
— Je ne suis pas écrivain, je ne sais pas comment…
Rabbit ne lui laissa pas terminer sa phrase. Il saisit le sécateur rangé dans la poche de son pantalon et le brandit sous le nez de George.
— Ça te dirait d’avoir une phalange en moins, là, tout de suite ? dit-il en saisissant son auriculaire droit, légèrement déformé par l’arthrose.
Il plaça la partie coupante sous l’ongle et appuya doucement. George sentit la pression s’accentuer peu à peu sur son doigt.
— Je vais essayer, je vais essayer, répéta Chronos.
— Arrête de foutre les jetons à ce vieux, tu vas le faire clamser avant qu’il écrive ton bouquin, commenta Roscoe tout en mâchant bruyamment un chewing-gum.
Chronos tenta de se concentrer et d’oublier le bruit assourdissant des battements de son cœur. Il ne devait surtout pas montrer sa peur à Rabbit. […] »

Roman court format ebook, disponible sur de nombreuses plateformes ( Le site des éditions L’ivre-Book, Amazon, Nolim StoreDecitreLibrairie Dialogues...)

2,99 €, sans DRM.

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Extrait #2 du roman « Les traducteurs de rêves »

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« […] — Ton pouvoir, il marche vraiment à chaque fois ? lança Lewis en allumant une deuxième cigarette.
— Mon pouvoir ?
— Oui, savoir si un manuscrit va marcher ou non. C’est un pouvoir.
— J’appelle plutôt cela une faculté particulière. Oui, mes prémonitions se vérifient à chaque fois.
Lewis fixa George Chronos. Le vieil homme l’invita alors à lui demander les détails qu’il semblait brûler d’envie de connaître. Sa mystérieuse aptitude fascinait Lewis. Il ne pouvait s’expliquer pourquoi, mais elle lui faisait considérer le vieil horloger avec un mélange de respect et de crainte et il s’en voulait de le traiter avec si peu d’égards. Mais maintenant, le mal était fait, il ne pouvait plus revenir en arrière.
— Comment tu « sais » ? Comment ça se passe ?
— Moi-même, monsieur Rabbit, j’ai du mal à l’expliquer. Je touche le manuscrit et sans rien faire de particulier, je vois apparaître devant mes yeux des mots, des scènes, des chiffres colorés. Parfois, j’entends des voix, des sons qui me donnent la réponse que recherche l’auteur venu me consulter. Je ne contrôle pas ce processus. Les informations viennent à moi, puis disparaissent. Cette faculté ne se limite pas qu’aux manuscrits, elle est bien plus complexe.
— Vraiment ? Et tu es capable de le faire depuis toujours ? demanda Lewis, captivé.
Cette question fut l’occasion pour George Chronos de se remémorer son enfance et sa première expérience de « devin ». Il repensa à ce soir de réveillon de Noël, le premier passé à Édimbourg, en Écosse, alors que toute sa famille et lui venaient de quitter Athènes quelques mois auparavant, à la recherche d’une vie meilleure. En compagnie de ses deux frères aînés et de sa jeune sœur, il s’était précipité au pied du sapin où étaient rassemblés de nombreux cadeaux enveloppés dans des emballages brillants multicolores. La maison embaumait le parfum des biscuits à la cannelle, tout juste sortis du four par sa mère, mêlé à l’odeur fraîche du sapin et à celle du bois crépitant dans la cheminée. Alors qu’il racontait ce souvenir à Lewis, un étrange phénomène se produisit. Le jeune auteur parvint à sentir les odeurs décrites par le vieil homme, à entendre les cris de joie du petit George, de ses deux frères et de sa sœur. Plus incroyable encore, il eut l’impression d’assister à la scène comme s’il y était, comme si le sous-sol du Maître du Temps s’était transformé soudain en la maison écossaise où vivait Chronos en 1951. À cet instant, la voix de l’horloger s’éloigna progressivement. Lewis vit alors de ses propres yeux le petit George aller de cadeau en cadeau, posant simplement la main sur chaque boîte avant d’en annoncer le contenu, sous les yeux médusés des membres de sa famille. Il n’avait commis aucune erreur. Lors de l’ouverture des paquets, chacun y avait trouvé ce que le garçonnet avait annoncé. Pourtant, ses parents avaient acheté tous ces cadeaux alors qu’il était à l’école. Les emballages étaient solidement fermés, il ne pouvait donc avoir vu ce qu’ils contenaient. Ils s’amusèrent alors à faire passer une sorte de test à leur fils. Chaque membre de la famille fut chargé d’écrire quelques phrases au hasard sur un morceau de papier et de le glisser dans une enveloppe neutre cachetée. Devant leurs yeux ébahis, George parvint à retrouver l’auteur de chaque petit mot et à en narrer le contenu avec précision, simplement en tenant les enveloppes entre ses mains. Les Chronos furent alors dans l’obligation d’admettre que, du haut de ses 7 ans, George avait reçu un incroyable don. Son père, un homme sage, comprit que cette faculté si rare et précieuse attiserait sans doute les convoitises. […] »

Roman court format ebook, disponible sur de nombreuses plateformes (Amazon, Nolim Store, Decitre, Librairie Dialogues...etc…  et prochainement sur le site des éditions L’ivre-Book).

Résumé : « Lewis Rabbit rêve de devenir un auteur connu et respecté de ses pairs afin d’en finir avec la série d’échecs qui ont émaillé sa vie. Mais le jeune homme au tempérament violent et tourmenté ne possède aucune des qualités pour y parvenir. Après avoir appris que George Chronos, un horloger d’Édimbourg, aurait le pouvoir de prédire le succès ou l’échec d’un roman rien qu’en le touchant, il décide de se rendre dans sa boutique. Il en est persuadé, le vieil homme l’aidera à écrire le best-seller qui le rendra riche et célèbre, même s’il doit employer la force pour l’y contraindre. Les pouvoirs de Chronos vont dépasser ses espérances et l’entraîner malgré lui dans un univers étrange où se mêleront ses hallucinations et de douloureux souvenirs d’enfance. »

2,99 €, sans DRM.

Publié aux Editions L’ivre-Book.

Extrait #1 du roman « Les traducteurs de rêves »

Mon roman fantastique « Les traducteurs de rêves » (éditions L’ivre-Book) est sorti le 10 juin. En voici un premier extrait, issu du chapitre 1.

 » […] L’horloger l’accueillit en souriant. Une atmosphère particulière régnait dans ce magasin où l’odeur du bois et le tic-tac des horloges avaient un effet quasi hypnotique. Le vieil homme retira la loupe vissée sur son œil gauche et posa délicatement sur le comptoir la montre qu’il réparait. Il chaussa de petites lunettes rondes aux fines montures dorées puis se dirigea lentement vers Rabbit.
— Que puis-je pour vous, monsieur ? demanda-t-il avec un léger accent grec.
— Je… je suis venu pour savoir si vous pouviez réparer une vieille montre, hésita Lewis. Elle est cassée depuis longtemps.

Georges Chronos la saisit et ferma les yeux après l’avoir glissée entre les paumes de ses mains. Il demeura silencieux durant une trentaine de secondes et l’observa ensuite à l’aide de sa loupe.
— C’est un très bel objet, monsieur.
— Elle appartenait à mon grand-père.
— Ce n’est pas cette montre qui vous a amené ici, n’est-ce pas ?
— Comment le savez-vous ?
— Je le sais, monsieur, c’est tout, répliqua simplement le vieil homme. Est-ce que je peux voir l’enveloppe, s’il vous plaît ? demanda-t-il en désignant celle que Rabbit dissimulait maladroitement sous son blouson.
Le jeune auteur la lui tendit, le cœur battant. Le libraire n’avait pas menti. Il restait maintenant à déterminer si le vieil horloger avait autant de talent qu’on le prétendait. L’homme saisit l’enveloppe, la posa sur son comptoir et plaça délicatement ses mains dessus. Il ferma les yeux et les rouvrit presque aussitôt.
— Non, personne n’acceptera de publier ce roman. J’en suis sincèrement navré, ajouta Chronos.
— Quoi ? Comment vous pouvez le savoir ? Vous ne l’avez même pas lu, pesta Rabbit, offensé.
— Si vous êtes ici, vous savez que je n’en ai pas besoin.
— Qu’est-ce que je dois faire pour l’améliorer ?
— Je ne sais pas, monsieur, je ne suis pas écrivain. La seule chose que je peux vous dire est qu’il ne sera pas publié tel qu’il est. Croyez-moi, je le regrette, mais je ne peux rien y faire.
— Vous vous trompez, j’en suis certain, lança l’auteur, furieux.
— Au fond de vous, vous savez que non, monsieur, répliqua calmement l’horloger.
— Quoi, vous ne vous trompez jamais ?
— Non, jamais.
— Aidez-moi à le corriger, alors, implora Rabbit. Je vous donnerai de l’argent.
— Je vous l’ai dit, monsieur, je ne suis pas auteur, même si j’aurais adoré exercer ce métier. Je ne sais pas comment m’y prendre pour rendre votre histoire plus intéressante.
D’un geste brusque, Lewis Rabbit arracha les documents des mains de George Chronos, récupéra sa montre et quitta la boutique en claquant la porte. L’enseigne trembla sous le choc mais resta solidement fixée au mur. Ce n’était pas la première fois qu’un auteur mécontent fermait violemment la porte en sortant, ce ne serait sans doute pas la dernière. Chronos haussa les épaules et reprit son minutieux travail.
— À plus tard, monsieur Rabbit, murmura-t-il tout en ouvrant le cadran d’une vieille horloge aux rouages figés par la rouille.
Lewis ne rentra pas immédiatement chez lui. Fou de rage, il préféra d’abord se calmer afin de ne pas avoir la tentation de tout casser dans son appartement, comme il l’avait déjà fait à plusieurs reprises après avoir reçu des réponses négatives au sujet de ses précédents romans. […] »

Roman court format ebook, disponible sur de nombreuses plateformes (Amazon, Nolim Store, Decitre, Librairie Dialogues...etc…  et prochainement sur le site des éditions L’ivre-Book).

Résumé : « Lewis Rabbit rêve de devenir un auteur connu et respecté de ses pairs afin d’en finir avec la série d’échecs qui ont émaillé sa vie. Mais le jeune homme au tempérament violent et tourmenté ne possède aucune des qualités pour y parvenir. Après avoir appris que George Chronos, un horloger d’Édimbourg, aurait le pouvoir de prédire le succès ou l’échec d’un roman rien qu’en le touchant, il décide de se rendre dans sa boutique. Il en est persuadé, le vieil homme l’aidera à écrire le best-seller qui le rendra riche et célèbre, même s’il doit employer la force pour l’y contraindre. Les pouvoirs de Chronos vont dépasser ses espérances et l’entraîner malgré lui dans un univers étrange où se mêleront ses hallucinations et de douloureux souvenirs d’enfance. »

2,99 €, sans DRM.

Première chronique de mon roman « Les Traducteurs de rêves » – Via OmbreBones

Les traducteurs de rêves est un roman court fantastique publié aux éditions l’Ivre-Book en format numérique, au prix de 2.99 euros. Vous pouvez également le retrouver sur toutes les plateformes numériques, dont Amazon. Ce n’est pas le premier ouvrage de Gaëlle Dupille mais c’est celui avec lequel je la découvre. Et quelle découverte ! Les […]

via Les traducteurs de rêves – Gaëlle Dupille — OmbreBones

Extrait de cette chronique : « […]Les traducteurs de rêves, c’est avant tout un conte, certes un peu macabre, mais surtout philosophique, sur la nature de l’écrivain. Une réflexion philosophique, donc, parsemée de conseils à l’attention non seulement des jeunes auteurs mais aussi des plus vieux ou des plus aguerris, parce qu’ils ne manqueront pas de provoquer une réflexion bienvenue. Pourquoi écrit-on? Comment s’y prendre? Qu’est-ce qui fera, ou non, le succès d’un ouvrage? Doit-on se prostituer pour le succès en ajoutant à notre histoire des éléments « à la mode » ? Toutes ces questions, Gaëlle y répond avec justesse à travers l’aventure de ses deux personnages principaux. […] »

Sortie du roman « Les traducteurs de rêves » le 10 juin

Le samedi 10 juin sortira « Les traducteurs de rêves » (éditions L’ivre-Book),  qui est mon nouveau roman fantastique.

Voici son résumé : « Lewis Rabbit rêve de devenir un auteur connu et respecté de ses pairs afin d’en finir avec la série d’échecs qui ont émaillé sa vie. Mais le jeune homme au tempérament violent et tourmenté ne possède aucune des qualités pour y parvenir. Après avoir appris que George Chronos, un horloger d’Édimbourg, aurait le pouvoir de prédire le succès ou l’échec d’un roman rien qu’en le touchant, il décide de se rendre dans sa boutique. Il en est persuadé, le vieil homme l’aidera à écrire le best-seller qui le rendra riche et célèbre, même s’il doit employer la force pour l’y contraindre. Les pouvoirs de Chronos vont dépasser ses espérances et l’entraîner malgré lui dans un univers étrange où se mêleront ses hallucinations et de douloureux souvenirs d’enfance. »

Ce roman -disponible exclusivement en format numérique- est en précommande sur Amazon et sera disponible dès le 10 juin sur de nombreuses plateformes, dont le site de son éditeur

Je tiens à remercier :

  • Frédéric et Céline pour leur travail de relecture/correction de ce roman ;
  • Mes super bêta-lecteurs : Pascaline, Sylvain, Chantal et Cécile D. ;
  • Lilian Rochaud, mon éditeur, pour la confiance qu’il me témoigne à nouveau en publiant cet ouvrage. 🙂

Sauvons les Editions Voyel — via Le monde de Zordar

En grande difficulté depuis quelques mois à cause de librairies indélicates et d’un distributeur borné et gourmand,pour rester poli, les éditions Voyel lancent un appel au secours. L’affaire est bien résumée sur leur site. Il y a quelques années, Lokomodo, un autre distributeur-arnaqueur, avait déjà eu la peau de maisons d’éditions de l’imaginaire. A chaque fois […]

via Sauvons les Editions Voyel — Le monde de Zordar