L’auteur Sylvain Johnson présente Montréal à travers son roman « Le Tueur des Rails »

Dans mon précédent article, j’ai eu le plaisir de vous présenter Sylvain Johnson, un ami auteur, membre du collectif d’auteurs franco-québécois Les Fossoyeurs de Rêves, dont je fais également partie. Dans cet article-ci cet écrivain montréalais nous présente sa ville d’une manière assez originale : à travers plusieurs extraits de son roman « Le Tueur des Rails » (paru aux éditions Porte-Bonheur au Québec et aux éditions L’Ivre-Book en France).

10994687_598419620259032_221561402_nL’auteur québécois Sylvain Johnson

Montréal dans le roman « Le Tueur des Rails »

Je suis né à l’hôpital Saint-Luc de Montréal en la glorieuse année 1973. Le film Kamouraska basée sur le Roman d’Anne Hébert prend l’affiche, Pink Floyd présente « Dark side of the moon » en concert pour la première fois au Québec et CKRL-FM devient une réalité. Elle serait la première radio communautaire francophone dans le monde.

Quelques années plus tard, ma famille déménage à Laval, puis dans le village de Sainte-Thècle en Mauricie. Toutefois, malgré ces déménagements, les nouveaux paysages à explorer, je n’ai jamais cessé d’être un Montréalais. Mon cœur était resté quelque part entre le Mont-Royal verdoyant, le fleuve Saint-Laurent aux reflets d’argents et le vieux port bondé de touristes.

Mon roman « Le Tueur des Rails » est un projet entamé dans le Maine, alors que je vivais une situation difficile. Mon écriture était un moyen de m’évader, de quitter le présent détestable pour plonger dans un univers fantastique, lointain et très souvent plus acceptable. J’admets toutefois que mes personnages n’ont pas la vie facile.

En écrivant ce roman, je m’ennuyais énormément de ma ville natale. Plusieurs années s’étaient écoulées sans la moindre occasion d’y remettre les pieds et elle me manquait. Mon esprit ne cessait de vagabonder, pour inévitablement retourner dans ces endroits joyeux de mon esprit. La géographie, le climat et la culture de la ville s’intégraient dans mon imagerie, mes rêves, mes songes éveillés.

Quoi de plus naturel que d’y situer mon aventure?

10965425_598419510259043_19446508_n

On peut dire que « Le Tueur des Rails » est le combat d’un jeune homme troublé avec sa famille, sa propre santé mentale douteuse, sa vie décousue et sans espoir. En amorçant l’écriture, je voulais explorer deux éléments distincts.

Le premier était l’écriture d’une histoire racontant les déboires d’un tueur en série. Un personnage que je voulais différent, m’éloignant du thème classique de l’enfant bizarre qui torture des animaux, du psychopathe martyrisé par des parents sadiques, pervers et alcooliques. Mon tueur devait « attraper » cette cochonnerie meurtrière d’une autre façon.

Le deuxième élément du roman était le voyage en chemin de fer, incognito sur les trains de marchandises. J’étais fasciné par les documentaires de ces vagabonds traversant le pays, le continent dans des wagons froids, mettant leur vie en danger, créant des confréries secrètes de voyageurs clandestins aux surnoms évocateurs.

Pourquoi choisir Montréal comme ville où situer mon récit ?

Parce qu’il n’y avait aucun autre endroit pouvant subvenir à tous mes besoins littéraires, aucun autre lieu présent dans mon imaginaire. La métropole possède un héritage ferroviaire assez grandiose, évident lorsque vous vivez sur son large territoire. Il y a les trains de banlieue, entre le centre-ville de Montréal et Deux-Montagnes, St-Jérôme, Mont-Saint-Hilaire, Mascouche, Candiac. J’ai pour ma part effectué le trajet Deux-Montagnes vers Montréal des centaines de fois. Peu importe où vous êtes dans la ville, il y a de fortes chances pour que vous entendiez un train dans le lointain, pour que des rails soient visibles dans le paysage urbain.

Cimetières dans le roman

« Le cimetière était vaste, séparé en six sections rectangulaires. Les plus anciennes tombes, datant du début de la colonie, se trouvaient tout au fond. Les plus récentes se rapprochaient de la sortie, à mesure que l’espace était utilisé. C’était l’un des premiers cimetières de l’île deMontréal. »

Page 3

La première mention de la métropole québécoise dans le roman survient dès le début. Mon personnage principal, Thomas Pelletier, se rend de nuit dans un cimetière sombre et isolé. Il s’y retrouve pour méditer sur la tombe de son petit frère. L’étendue des morts qui m’a inspiré la scène est en fait « Le repos Saint-François d’assise » sur la rue Sherbrooke, non loin de la station de métro Langelier. Ma description de l’endroit n’est pas trop réaliste, j’ai modifié des éléments du décor pour servir ma cause, y ajouter une haute clôture et de la végétation plus importantes. On me pardonnera surement ce petit écart.

J’ai une passion avouée pour les cimetières, qui sont le premier endroit visité dès mon arrivée dans une ville inconnue. Ce sont des lieux calmes, empreints d’une sérénité et d’une beauté appréciable. Comme Thomas, je m’y retrouve pour puiser dans ma conscience et mon esprit, les idées, les images, les sons qui peuplent mes écrits. C’est d’ailleurs dans ces endroits isolés que la plupart de mes moments d’inspirations se sont produits.

Mon cimetière préféré de Montréal est sur le versant nord de la montagne du Mont-Royal, situé sur le chemin de la Forêt. Une large étendue funéraire de plus de 165 acres. Il s’agit d’un des premiers lieux d’ensevelissement d’Amérique du Nord. C’est un endroit au paysage pittoresque, avec des stèles et de petites collines.

10934180_598419476925713_77895657_n

Appartement

« Heureuses, elles vivaient dans un quartier résidentiel de Montréal, dans un appartement au deuxième étage d’une charmante maison. Leur vie était simple, beaucoup de sorties, de plaisirs et de bonheur. Rien ne laissait présager la tragédie qui allait survenir. »

Page 51

Mes deux personnages principaux, Thomas et Lilly, ont vécu à divers moments de leurs existences dans la ville de Montréal. Pour Thomas, tout a commencé dans la résidence familiale, ce refuge devenu détestable où la vie a basculé dans le chaos le plus complet. La résidence de ses parents est un endroit fictif, mais la présence des rails à proximité est une constante qui ne m’a jamais quitté durant mes nombreux déménagements. J’ai vécu à Laval, tout près de la ligne de train de banlieue, vécu à Sainte-Thècle, non loin du chemin de fer fréquenté par de longs convois de marchandises et de trains de passagers. Je vis aujourd’hui à moins d’un demi-kilomètre d’une gare et le train se manifeste dans l’écho de son klaxon bruyant aux passages à niveau.

Lilly, quant à elle, vivait dans ces rues typiques de Montréal que j’adore tant et qui fleurissent sur les cartes postales, les sites de voyages. À l’époque, elle n’était qu’une fillette innocente vivant avec une mère seule, faisant de son mieux pour subvenir à leurs besoins. Les immeubles du genre ont souvent deux ou trois étages, formant deux rangées de façades protégeant une rue étroite. Ils sont faciles à reconnaitre, avec leurs escaliers en colimaçons, ces petites bandes de végétations créant l’illusion d’un parterre à entretenir. Souvent, des arbres sont plantés le long du trottoir, à intervalle régulier. Ce genre de rue évoque, dans mon esprit, le premier juillet la frénésie des déménagements, des camions de locations bloquant la rue, des gens couverts de sueur transportant de lourds cartons. Je revois aussi les drapeaux québécois sur les balcons les plus hauts, des bicyclettes, des caisses de bières vides et des chaises pliantes. L’hiver, les voitures sont ensevelies sous la neige, les trottoirs n’existent plus et la rue est nimbée d’une clarté irréelle, poétique, diffuse par les lumières de rues. C’est un aspect de Montréal que je n’ai retrouvé nulle part, une quiétude de quartier unique à la métropole.

10968063_598419503592377_489824015_n

 

Gare Centrale et chemins de fer

« “Il y a de cela cinq jours, je débarquai d’un train de marchandises venu de Burlington, dans le Vermont. C’était un long voyage. J’avais mis pied tout près du centre-ville, non loin de la gare Centrale et le convoi avait poursuivi son chemin, bruyant et pesant, un train d’au moins une soixantaine de wagons”

Page 139

Sheridan est le tueur en série qui hante mon roman. Un être ignoble né d’un amalgame intéressant de souvenirs confus, de rêves, d’éléments tirés d’émissions de télévision sur les vagabonds et sur les voyages clandestins sur les rails. Dans le récit, mon héros fait son arrivée dans Montréal sur un train de marchandises, non loin de la gare Centrale au centre-ville. J’ai imaginé une sorte d’immense réseau de rails, un parc rempli de wagons immobiles, de locomotives au repos. Le genre d’endroit qui existe peut-être dans l’immense réseau ferroviaire du Québec. Ce sera donc à proximité des édifices de bétons et d’aciers, non loin du port de Montréal, qu’il fera son intrusion dans la ville. Si vous avez déjà pris le train pour quitter la gare Centrale, tout en portant attention au paysage qui défile, vous aurez remarqué plusieurs voies non empruntées, des wagons immobiles, une activité inconnue se déroulant dans l’anonymat. Mon esprit s’est emparé de ces détails, pour peupler ces zones sombres dans les tunnels, le long du chemin de fer, de vagabonds assoiffés, d’âmes perdues cherchant un refuge pour la nuit.

899660_598419500259044_577724051_o

Voilà. J’espère que vous aurez aimé cette petite excursion bien inoffensive dans l’univers de mon roman “Le tueur des rails”. N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions et commentaires. Sylvain_johnson@yahoo.com.

Merci à “Montréal Attitude” et à Gaëlle Dupille.

Le Tueur des rails en France :

https://ivrebook.wordpress.com/2014/09/26/le-tueur-des-rails-de-sylvain-johnson/

Le Tueur des rails au Québec :

Papier : http://www.archambault.ca/johnson-sylvain-tueur-des-rails-le-ACH003135609-fr-pr

Numérique : http://www.archambault.ca/sylvain-johnson-le-tueur-des-rails-JLI15633614-fr-pr

Merci Sylvain ! 🙂

Interview de l’auteur montréalais Sylvain Johnson

Sylvain blog MTL *L’auteur Sylvain Johnson sur la terrasse de l’Oratoire Saint-Joseph, Montréal (Qc)*

 

En tant qu’auteure, je ne pouvais imaginer de proposer un onglet sur Montréal dans mon blog sans parler de littérature. J’envisage de vous proposer régulièrement des interviews d’amis auteurs ou éditeurs montréalais/français expatriés. J’inviterai également des amis auteurs français dont les intrigues de romans et nouvelles se situent à Montréal afin qu’ils nous parlent de leur passion pour cette ville.

Pour cette première interview, j’ai eu envie de vous présenter un ami talentueux, membre du collectif d’auteurs franco-québécois Les Fossoyeurs de Rêves, auquel nous appartenons : Sylvain Johnson.

 

* Sylvain, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

SJ : Je m’appelle Sylvain Johnson. Je suis né à Montréal en 1973 à l’hôpital Saint-Luc.Je suis écrivain de romans et de nouvelles littéraires. Exilé aux États-Unis depuis quelques années, je tente de me faire connaître dans la francophonie avec mes deux romans et mes projets à venir. J’adore l’horreur, le fantastique, le suspense et tout ce qui touche les genres de l’imaginaire. Stephen King est en grande partie responsable de mon rêve de devenir écrivain et ce fut une route longue et périlleuse. J’ai deux romans de publiés. Le Tueur des rails en version papier au Québec et avec les Éditions L’Ivre-Book en numérique pour toute la francophonie. Je suis membre du collectif d’auteur « Les fossoyeurs de rêves ». Je représente la division québécoise du groupe, même si une de nous est à moitié Québécoise et les autres le sont dans l’âme et le cœur.

 

* Qu’est-ce qui te plaît dans la ville de Montréal ?

SJ : Montréal n’est pas une ville. C’est une communauté, une collectivité d’individu diversifié qui ont en commun une chose. Ils aiment la culture. On peut passer du quartier chinois, traverser la petite Italie, le vieux port et les centres commerciaux sans trop se déplacer. C’est un amalgame de genre, de coutumes, de cultures, de races qui en font un endroit hétéroclite et agréable à découvrir. Il y a de tout, pour tous les goûts. Ce qui me plaît le plus à Montréal, c’est l’éventail des choses qu’on peut y faire. Vous aimez les arts, le sport, la nourriture, l’archéologie, l’architecture, les sciences? Vous y trouverez de tout et souvent à petit prix. Être né à Montréal et y avoir vécu est ma plus grande fierté. Lorsque j’y retourne, je suis comme un gamin devant un nouveau jouet. C’est ma ville.

 

* Quel est ton endroit préféré dans la ville ?

SJ : Mon endroit préféré est l’Oratoire Saint-Joseph et cela n’a rien à voir avec la religion. Je ne pratique pas. Mais le lieu est empreint d’une certaine ambiance mystique. Découvrir la salle des cierges, avec les béquilles des milliers de gens miraculés m’a toujours fasciné. De voir le cœur du Frère André et d’apprendre le récit du vol passé de la relique est toute une aventure dans l’histoire de la ville. Voir les gens monter les marches à genoux, tout en priant pour voir exaucer leurs vœux. Le son des cloches, des messes et le paysage qui se dévoile du haut de la montagne. L’Oratoire est un endroit pour réfléchir, pour faire le point, pour puiser nos ressources internes et faire la paix avec nos démons.

 

* Si tu devais citer une seule chose/personne qui symbolise Montréal selon toi, que/qui choisirais-tu ?

SJ : Je choisirais le hockey. Car Montréal est comme une équipe de Hockey. Elle est constituée de joueurs de plusieurs pays, parlant plusieurs langues. Elle a une longue histoire, avec des victoires, des épreuves, des temps plus difficiles. Certains visages changent, mais l’équipe, la ville demeure la même. C’est un spectacle de tous les jours, de la montagne au fleuve, en passant par le centre-ville. Une tradition glorieuse et inébranlable. Montréal c’est toutes les coupes Stanley, tous les héros du samedi soir au Forum ou au centre Bell.

 

* Est-ce que cette ville t’a inspiré pour tes écrits ?

SJ : Oui. J’inclus souvent des références dans mes livres au sujet de cette métropole. Dans « Le tueur des rails », une partie de l’action avec les personnages principaux, Lilly et Thomas, se déroule à Montréal. Même chose pour « L’Esprit des glaces » c’est àMontréal que le vieil homme désabusé s’achète un domaine, et devra faire face à son pire cauchemar. C’est un endroit qui m’inspire beaucoup.

 

Quelle est ta prochaine sortie littéraire en vue ?

SJ : En 2015, j’ai trois nouvelles littéraires (au moment où j’écris ces mots) en vues. Une dans le magazine québécois Horrifique, une autre dans une anthologie très particulière avec des auteurs de talent et une troisième encore dans le secret. Pour ce qui est de mes romans, la seule sortie officielle est la version numérique de « L’Esprit des Glaces » toujours avec L’Ivre-Book et deux autres petites surprises relatives à ces premiers tomes. Je collabore aussi à une série de romans avec d’autres écrivains québécois, dans le plus grand secret. J’ai aussi plusieurs autres manuscrits sous étude par des éditeurs et on verra bien le résultat. Restez à l’affût.

 

Sur quels sites/blogues peut-on en apprendre davantage sur ta bibliographie ?

SJ : On peut me suivre sur Facebook.

J’ai aussi un blogue où j’aime publier des histoires, des commentaires ou des critiques de lectures.

Et j’ai un site web plus détaillé.

 

Merci Sylvain.

Interview de l’auteur montréalais Benoit Clément

Toujours dans l’optique de vous faire découvrir Montréal « autrement », et notamment par le biais d’amis artistes, je vous propose de découvrir aujourd’hui l’interview de l’auteur et musicien Montréalais Benoit Clément, qui a accepté de répondre à quelques questions.

Ben 1

Gaëlle Dupille : Benoit, tu es auteur, mais pas seulement… Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Benoit Clément : Bonjour Gaëlle alors je me présente : Benoit Clément, musicien, batteur pour plusieurs artistes dont principalement Garou, passionné par l’invisible qui donne de l’élan à mes délires autant musicaux que littéraires. Je suis aussi unécrivailleur qui essaie de mettre en mots la musique qui bouille en lui… La vie n’est-elle pas une mélodie constante avec son propre rythme ?

ben 3

GD : Qu’est-ce qui te plaît dans la ville de Montréal ?

BC : Tout me plait à Montréal ou presque… J’aime la diversité de la ville, le côté européen des nombreux café et terrasses mais avec une touche nord américaine… Je vis sur le Plateau et j’adore les parcs, les ruelles et l’architecture du quartier qui s’est développé comme un quartier ouvrier il y a 100 ans et qui est devenu artistique dans les années 90. Pour le climat aussi… On a 4 superbes saisons -sauf parfois les -30°C l’hiver mais ça reste plutôt rare-… Montréal respire de créativité et les gens s’y sentent en confiance, ça la rend donc très conviviale et chaleureuse en général…

ben 4

 

GD : L’hiver à Montréal est-ce plutôt du bonheur ou une « épreuve » pour toi ?

BC : Du bonheur pour la blancheur et la beauté du paysage, mais je n’ai pas de voiture alors ça aide à aimer l’hiver de n’être pas pris pour le stationnement et les tempêtes ! Hihihihi !

GD : Quel est ton endroit préféré dans la ville ?

BC : Trop d’endroits, mais le Plateau et Miles-end (deux quartiers proches l’un de l’autre) sont mes lieux de prédilection… Il y a plein de restos, de bouquinistes, de commerces un peu artistiques, de cafés et les ruelles sont merveilleuses…

GD : Si tu devais citer une seule chose/personne qui symbolise Montréal selon toi, que/qui choisirais-tu ?

BC : Le Mont Royal et le parc Lafontaine… Deux endroits de verdure au cœur de la ville où les gens semblent toujours plus heureux… Il y a là des restant de rêves qui aiment s’y reposer…

ben 2

GD : Est-ce que cette ville t’a inspiré pour tes écrits ?

BC : Oui beaucoup… Mais j’écris aussi beaucoup du côté de Paris car j’aime être en voyage quand je débute un nouveau roman et je suis souvent dans la ville lumière en tournée.

GD : Pourrais-tu nous parler de tes romans ? Comment les décrirais-tu ?

BC : Je dirais que c’est de la littérature intimiste où ce sont les personnages qui guident l’histoire par leur vécu et leurs émotions. Je dirais que ce serait un peu comme lire du Amélie poulain. J’aime la folie de ce genre de personnages (Amélie, Le vieux peintre, l’amoureux, la dame du café) et tous ces petits gestes qui nous font grandir tout en restant vivant… Vieillir pour moi veut plutôt dire grandir… J’aime donc utiliser souvent le contraste entre la fougue de la jeunesse et la sagesse des vieux restés jeunes de cœur qui partagent justement cette folie qu’est la vie… Disons que j’ai un lectorat assez féminin par mon style d’écriture qui prend souvent pour fondement des liens amoureux très intenses et fusionnels…

 ben 5

GD : Pourquoi es-tu devenu auteur ? Tu souviens-tu du jour où cette idée t’est venue ?

BC : Mon père est dans le milieu littéraire et j’ai une grande admiration pour lui, pour ce qu’il devient chaque jour et pour sa manière de percevoir justement l’invisible… Je lisais aussi beaucoup et un jour, après une vertigineuse chute amoureuse, les mots se sont fait une place comme l’exutoire dont j’avais alors besoin…

GD : Quelle sera ta prochaine sortie littéraire ?

BC : Je ne sais pas encore puisque je quitte pour 5 mois en Italie, mais je vais y écrire mon dixième roman, en plus d’avoir deux recueils de nouvelles… Je regarde en ce moment du côté d’éditeurs reconnus puisque après trois romans publiés à mes éditions, j’ai réalisé avec le temps que je suis bon pour vendre les autres, mais pas pour moi… Je vais donc voir de ce côté avant de décider de la suite des parutions. 🙂

GD : Quel est ton auteur(e) québécois(e) préféré(e) ?

BC : Jacques Poulin, pour la beauté et la sensibilité de sa plume.

GD : Sur quels sites/blogues peut-on en apprendre davantage sur ta bibliographie et se procurer tes romans ?

BC : www.editionscalliope.ca 

GD : Merci Benoit. 

Les librairies de Montréal

  Sur les conseils éclairés de Pascaline, une amie auteure, je vous propose aujourd’hui un tour d’horizon des principales librairies deMontréal. Les amateurs de lecture sont très gâtés dans cette ville, puisque malgré la fermeture de la gigantesque librairie Chapitre (où j’adorais aller m’approvisionner), nombreux restent les lieux où l’on peut se procurer des livres neufs ou d’occasion.

La plus grande libraire de Montréal est selon moi Archambault, située au 500 rue Sainte-Catherine Est, tout près de la station de métro Berri-Uqam. Elle réunit des dizaines d’allées consacrées aux œuvres de fiction québécoises et étrangères, à la BD, aux sciences humaines, à l’histoire, aux voyages… S’y promener est un véritable bonheur pour les amoureux des livres. Archambault se compose également de trois autres étages dédiés à la musique, au cinéma et aux série TV, ce qui peut être pratique pour permettre à votre chum ou votre blonde de s’occuper sainement pendant que vous passerez des heures à choisir les ouvrages que vous emporterez !

Une autre librairie montréalaise incontournable est Renaud-Bray, au 5252 Chemin de la Côte-des-Neiges. Cette dernière fait la part belle à la littérature francophone et notamment québécoise, avec de nombreux ouvrages en format poche. Son rayon « savoirs et sciences » est lui aussi plutôt bien achalandé.

Au 3700 Boulevard Saint-Laurent, dans le quartier très central du Plateau, se situe lalibrairie Gallimard. Ne vous fiez pas à son nom, puisque si elle diffuse bien entendu des ouvrages édités par Gallimard, elle propose aussi une multitude de livres issus d’autres maisons d’édition, québécoises ou étrangères.

gallimard_montreal

Outre ces grandes enseignes, nombreux sont les bouquinistes (librairies d’occasion) àMontréal. Il en existe probablement au moins une quarantaine, disséminées dans tous les quartiers de la ville. Il serait un peu long et fastidieux de tous les énumérer, je me contenterai donc de citer mes 3 préférés.

Le premier est Bonheur d’Occasion, au 1317 Mont-Royal Est. Vous pourrez y dénicher de nombreux romans, même si ce bouquiniste est plutôt spécialisé dans les livres rares et les livres anciens. Cet endroit est idéal pour trouver un cadeau sortant de l’ordinaire à offrir à un bibliophile. Rien que la vitrine, composée d’une multitude de livres anciens, donne envie d’entrer dans la boutique. Le choix est vaste et les prix très corrects. Je précise que Bonheur d’Occasion possède également une jolie collection de livres d’art, avis aux amateurs !

10868058_1039672566058447_6641275384600264296_n

L’Echange, au 713 Mont-Royal Est, est un autre bouquiniste que je vous recommande. Les stocks de livres (et de BD) sont régulièrement renouvelés et le nombre d’ouvrages est très vaste.

La librairie Volume, au 277 rue Sainte-Catherine Est, est elle aussi une librairie d’occasion qui vaut le détour. Elle est ouverte tous les jours de la semaine et, est facilement accessible par le métro (la station Berri-Uqam est toute proche). Il est possible d’y trouver quelques perles rares et même, d’effectuer une demande pour que l’on tente de vous procurer un ouvrage qui ne serait plus édité.

boutique6

 

 

 

 

 

 

Mes restaus préférés à Montréal pour petit-déjeuner/bruncher

Tout d’abord, je tiens à vous souhaiter à tous une excellente année 2015. Pour débuter l’année, j’ai choisi de parler d’un sujet particulièrement rassembleur : la gastronomie.

Montréal regorge de restaurants de toutes nationalités et offrant tous types de plats, y compris végétariens ou végétaliens. N’étant pas critique gastronomique, je vais me contenter de vous parler de mes 2 restaurants « sans chichis » préférés pour un petit-déjeuner/brunch où la qualité de la nourriture prime sur la déco.

Le Vieux St-Laurent

vieux-st-laurent-exterior-large  Soyons honnête, la devanture de ce restaurant du 3993 Boulevard Saint-Laurent n’a rien d’attractif, et si je ne m’y étais pas rendue en compagnie d’un ami habitué des lieux, je n’y serais sans doute jamais entrée. Pourtant, dès que l’on passe la porte du Vieux St-Laurent, l’odeur alléchante qui s’échappe de ses cuisines ne vous donnera qu’une envie : rester (et revenir !). Il est d’ailleurs devenu depuis mon lieu préféré pour prendre un petit-déjeuner tardif le week-end (et même parfois en semaine !)

La déco intérieure est à l’image de l’extérieur : très « vintage ».  Ce restaurant, spécialisé dans les petits-déjeuners et les brunchs vous donnera l’impression de voyager dans le temps car il semble être tout droit sorti des années 50 ou 60 avec ses murs marrons teintés de vert.

Le menu est quant à lui plutôt vaste et propose plusieurs recettes de pain perdu, des oeufs au plats avec bacon/pommes de terres sautées/toasts beurrés/fruits frais/café à volonté (mon préféré ici), mais aussi des sandwiches, des bagels, des omelettes ou des pancakes, agrémentés d’ingrédients variés.

Les prix des menus sont très raisonnables et vont de $6.50 à $12.95, sachant que chaque plat servi sera TRÈS copieux (nous sommes en Amérique du Nord, ne l’oublions pas !). La nourriture est préparée presque sous vos yeux, puisque le comptoir cuisine se trouve dans la salle de restaurant. Les ingrédients sont frais et la propreté des lieux est impeccable. Quant au personnel (anglophone avec de petits rudiments de français), il est rapide et souriant. Que demander de mieux ?

La Villa du Souvlaki

IMG_6312  Là encore, ce n’est certainement pas la devanture de La Villa du Souvlaki qui vous incitera à en franchir le seuil, mais plutôt la qualité des plats qui y sont servis. Si vous aimez la nourriture d’inspiration grecque, c’est en effet LE restaurant où vous devez vous rendre pour un brunch de qualité, sans vous ruiner. Cette enseigne du 5347 rue Sherbrooke Ouest propose un vaste choix de menus, d’entrées et d’extras, parmi lesquels des feuilles de vignes, du pain à l’ail, des brochettes de poulet (appelées bâtons au Québec), de la salade grecque, de la feta… Seuls les desserts sont limités puisque vous aurez le choix entre du baklava… et du baklava ! Mieux vaut donc aimer cette spécialité si l’on veut terminer son repas par une touche sucrée !

Mon menu favori est composé d’un sandwich-pita au poulet garni de crème au concombre, de frites (rondes, ondulées et délicieuses) et d’une boisson au choix parmi un large assortiment. Des brochettes de viande poulet, de porc ou de mouton ou encore un sandwich-pita à la viande de mouton peuvent remplacer la pita au poulet. Les plats sont à consommer sur place ou à emporter, sans différence de tarif. Les portions sont copieuses, la nourriture est fraîche et les lieux sont d’une propreté irréprochable. Le personnel (anglophone) est souriant, mais ne parle pas un mot de français. Heureusement, vous n’aurez sans doute aucun mal à vous faire comprendre en désignant sur leur prospectus les plats du menu que vous souhaitez commander.

Le restaurant est toujours bondé aux heures des repas mais les clients, parfois venus de loin, y défilent tout au long de la journée, ce qui en dit long sur le bouche à oreille positif qui circule à son sujet. Les prix pratiqués sont très doux, avec des tarifs spéciaux le midi pour 6 menus, allant de $7,95 à $9,95.

2 légers reproches :

-pas de mayonnaise dans ce restau, seulement du ketchup ! (oui, c’est un drame pour les « mayonnaisophiles » tels que moi !)

– le restaurant n’accepte pas les paiements par carte bancaire, ce qui vous obligera à avoir de la monnaie sur vous. Un distributeur de billets (ATM) est présent au fond du restaurant, mais il n’accepte pas les cartes Mastercard (comme de nombreux distributeurs à Montréal), soyez donc prévoyant !

Bon appétit ! 🙂

Montréal, inépuisable source d’inspiration pour les chanteurs et les musiciens

DSCF0219 (Vitrine du restaurant Patati Patata, boulevard Saint-Laurent, Montréal, Qc)

Crédit photo : Gaëlle Dupille

Montréal est un vivier de chanteurs et de musiciens incroyablement talentueux et créatifs. Qu’ils chantent en français ou en anglais, leur point commun est de jouer une musique minimaliste sur des textes créatifs et dont les paroles ont autant d’importance que les rythmes. Il est facile de découvrir de nouveaux talents dans les nombreux bars et cafés-concerts des rues Saint-Denis ou Ontario, de la gigantesque rue Sherbrooke ou de la non moins longue rue Sainte-Catherine. Parmi eux, citons Le Bull, Divan Orange, L’abreuvoir ou Liquid Lounge. Il ne s’agit là que de quelques noms qui me viennent à l’esprit, car une liste complète de ces établissement contiendrait sans doute sur 5 pages.

Le but de cet article n’est cependant pas de vous recommander un bar sympathique où écouter un bon groupe. J’avais plutôt envie de vous faire partager ce que la ville de Montréal a inspiré aux artistes musicaux. Qu’ils soient québécois, américains ou français, de nombreux chanteurs et musiciens ont choisi de clamer leur amour pour la ville de Montréal en musique.

Ma préférée est probablement « Montréal », d’Ariane Moffat, qui surfe sur des rythmes ska et transmet à la perfection l’enthousiasme que je peux ressentir chaque fois que je m’envole à nouveau vers cette ville.

J’avoue beaucoup aimer aussi les rythmes rock de « Paris-Montréal », titre desCowboys Chantants.

Je remercie mon camarade auteur Martin Lessard de m’avoir inspiré cet article en m’envoyant « Montréal » de l’américain Frank Zappa qu’il adore et qui recrée si bien l’énergie et la créativité débordante de cette ville québécoise. J’avoue que j’avais oublié l’existence de ce titre magistral  (quelle honte !).

Parmi les classiques de la chanson québécoise, ce serait un crime de ne pas mentionner« Je reviendrai à Montréal », de Robert Charlebois, immense succès de cet artiste incontournable.

Remontons dans le temps, à la fin des années 40, pour écouter le québécois Jacques Normand et « Les nuits de Montréal », à la mélodie joyeuse et au charme suranné.

Revenons à notre époque pour retrouver le rythme pop si britannique à mes oreilles deMalajube, avec son « Montréal – 40° ».

Terminons par une chanson atypique et entêtante : « Le freak de Montréal », parAut’Chose. Elle a été écrite en 1974 par Lucien Francoeur, auteur, poète , chroniqueur radio montréalais et membre de ce groupe.

Pour écouter les chansons de tous ces artistes, cliquez simplement sur les titres énumérés ici, dont les liens vous mèneront sur Youtube.

L’insultatruc, le site pour insulter comme un vrai québécois !

insultes  Pour clôturer cette semaine dans la bonne humeur, je vous propose un site franchement drôle, découvert il y a quelques mois. Personnellement, j’adore les expressions si imagées des québécois, et notamment leurs insultes, tellement plus amusantes que les nôtres, selon moi, sans doute parce qu’elles sont plus « exotiques ».

(N’oublions pas que nos expressions et insultes typiquement françaises sont également hilarantes pour les québécois, pour les mêmes raisons !)

Si vous rêver d’insulter tous ceux qui vous exaspèrent comme le ferait un québécois , je vous recommande L’Insultatruc virtuel québécois, qui vous proposera une association de phrases aléatoires dans le plus pur style québécois. Ces expressions ne font pas dans la finesse et la poésie (c’est le moins que l’on puisse dire !), je tiens à vous prévenir ! Mais leur but premier est surtout de faire rire et… ça marche ! Après quelques bières, le site est encore plus désopilant…

Je vous laisse le tester par vous-même en cliquant ICI. 🙂