Interview d’André Lejeune – Paroles d’éditeurs

Je suis très heureuse d’accueillir aujourd’hui l’éditeur québécois André Lejeune dans cette nouvelle interview de Paroles d’éditeurs. Il y explique notamment la génèse du fanzine Horrifique.

 

 

 

 

 

 

Qui es-tu, André Lejeune ?

Je suis l’éditeur d’Horrifique. Horrifique est le plus vieux fanzine au Canada. 120 numéros ! J’ai édité une série de fanzines consacrés au mythe de Cthulhu : Cauchemars d’Arkham, Horreurs de Dunwich et Archives de Kadath. En fait, les premiers fanzines cthulhiens au Canada. De quoi être fier de mes bébés… Bref, je suis un passionné de l’horreur.

 

 

Est-ce que tu te souviens du moment précis où tu as décidé de créer ton fanzine ? 

Oh oui je m’en souviens très bien. À une époque où on ne savait pas ce que c’était Internet, ni le courriel, ni les réseaux sociaux….

J’ai connu le monde du fanzine par correspondance française. Le fanzine en question était Courrier d’Arkham. J’ai d’ailleurs participé au fanzine, pas par des textes, mais en partageant de l’informations sur le mythe de Cthulhu. Dans une rubrique de ce fanzine, on y parlait du fanzine québécois Tempstôt, édité par Christian Martin. Immédiatement, je lui ai écrit pour me commander des numéros. Pour le Courrier d’Arkham, il ne devait se faire que 5 numéros. Je trouvais triste que ça se termine si rapidement. Étant un grand passionné de Lovecraft et son oeuvre, je demandais à Christian Martin, comment créer un fanzine. Je voulais faire une suite au Courrier d’Arkham pour faire 5 numéros et passer le flambeau à un autre éditeur ainsi de suite. Étant donné que j’étais (je le suis toujours) un fan d’horreur, je voulais créer un fanzine sur l’horreur, mais sans limite de numéro. C’est alors que je pris la décision de créer Horrifique. Mais l’idée d’un fanzine sur le mythe de Cthulhu me trottait toujours dans la tête durant toutes ces années derrière Horrifique pour finalement prendre vie 10 ans après en créant pas un, mais trois fanzines lovecraftiens! Malheureusement j’ai dû cesser mes publications lovecraftiennes faute de matériel, sinon, les fanzines existeraient encore… J’ai débuté par recevoir les textes par correspondance…. Aujourd’hui avec Internet, c’est tellement plus simple et vite…  Au début d’Horrifique, j’en publiais 6 par année. Plus tard, 4 numéros. Par la suite j’ai passé irrégulier, ce qui veut dire que je publiais un minimum entre 4 à 8. Et Horrifique est devenu anormal avec le temps…. La dernière année j’ai publié 17 numéros en un an… Chose à ne jamais faire…. J’ai pris un break d’un an et quelques mois, et aujourd’hui je recommence mon fanzine.

 

Est-ce que le monde littéraire est tel que tu l’avais imaginé ?

À vrai dire, je n’imaginais rien du tout. Je ne m’en faisais aucune idée. Mon petit côté naïf à moi…

 

Quelle est ta plus grande satisfaction à propos d’Horrifique ?

D’être le plus vieux fanzine au Canada. D’avoir publié des auteurs inconnus du public qui maintenant sont devenus professionnels. J’ai publié plus de 300 nouvelles…. Quel fanzine peut s’en vanter?

 

 

Quel est l’aspect de ton métier le moins « réjouissant », selon toi ?

Le manque d’abonnés qui ne se manifestent pas comme je voudrais. C’est d’ailleurs le problème principal qu’un fanzine disparait rapidement  avec seulement quelques numéros… Aujourd’hui, avec Internet, ce problème est résolu et beaucoup moins cher qu’une version papier. Ça évite aussi les frais postaux dispendieux. Il n’y a que les fous qui publient en version papier en 2017 !

Il a aussi l’impatience des auteurs qui me met beaucoup de pression sur le dos. Je ne sais pas si ces le cas pour les autres éditeurs?

 

Es-tu aussi auteur ? 

Je ne suis pas auteur de nouvelles, il a déjà assez d’écrivains comme cela sur le marché… Et je n’ai pas la patience, ni le temps pour écrire. Bref, j’ai écrit des trucs dans Horrifique, mais sous divers pseudonymes. Je préfère lire les autres que moi-même.

 

Quels sont tes projets pour l’année ?

À vrai dire, j’ai pas vraiment de projet en tant que tel. J’ai perdu un an de passion que j’essaie de récupérer avec le temps. Est-ce possible ? On verra.

 

Où peut-on se procurer Horrifique au Québec et en Europe ?

Par correspondance seulement. Il fut une époque à mes débuts que des bibliothèques de ma région s’abonnaient, mais ce fut de courte durée. La raison était que le contenu ne convenait pas aux lecteurs.… Tellement stupide…  J’ai réussi à convaincre un libraire d’en mettre, mais malheureureusement pour moi, c’est qu’il mettait Horrifique entre deux briques de Stephen King… J’ai jamais pu en vendre, hélas… Il suffit d’écrire à : fanzinehorrifique @gmail.com pour information. C’est dur d’aller chercher des abonnements du côté d’Outre-mer, car les frais postaux sont extrêmement chers. Et du côté du Québec, on a toujours boudé mon fanzine, car je n’ai pas la langue dans ma poche. J’espère que les français vont comprendre cette expression ! Ha,ha,ha !

 

Un petit mot pour conclure cette interview ? 

Un grand merci pour cette interview qui annonce mon retour dans le monde littéraire. Si tu passes au Québec, on s’appelle et on déjeune ! Merci encore !

 

Je ne manquerai pas de te prévenir lors de mon prochain voyage au Québec, ce sera un grand plaisir de t’y rencontrer ! 🙂 Merci beaucoup d’avoir accepté de répondre à mes questions, André. 

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