Interview de Sylvain Lamur – L’actu des auteurs 2017

 

Sylvain Lamur est aujourd’hui à la une de L’actu des auteurs 2017. Le moins que l’on puisse dire est que son année littéraire va être bien remplie. Voyez plutôt….

Pourrais-tu te présenter ?

Sylvain Lamur, auteur toulousain de SFFF. 37 ans, toutes mes dents, sauf une, au fond à gauche. Cela fait deux semaines que je suis sur la question de me laisser pousser la barbe, et je n’ai pas encore tout-à-fait tranché. Ni rasé. J’ai un poil dru mais épar, qui laisse un effet négligé, et j’avoue que ça m’embête pas mal… mais je commence à en avoir vraiment assez de me raser. Sinon, je suis né un 3 septembre, comme Jean Jaurès, Charlie Sheen, Jean-Pierre Jeunet et Maurice Papon. J’ai une lacune récurrente en sommeil, que je m’efforce de combler de mon mieux, et je suis un gros, gros amateur de musique – j’en joue, et j’écoute un tas de choses, depuis le rock’n roll jusqu’à la musique cajun en passant par le blues, le forro, la New Wave, le rap… et tout ce qui me reste à découvrir. En ce qui concerne les écrits, j’ai à mon actif quelque chose entre vingt et trente nouvelles, publiées dans des revues ou des anthologies depuis 2012, année où, allez savoir pourquoi, j’ai commencé à soumettre des textes sérieusement après avoir écrit plus ou moins tout seul dans mon coin pendant des années. Il y a aussi un recueil de nouvelles, les Contes de l’homme-cauchemar, chez Otherlands, que les rares personnes l’ayant lu ont toutes trouvé excellent…

 

Quelles seront tes publications en 2017 ?

En premier lieu, il y a un roman, chez Rivière Blanche : Quaillou – qui doit être suivi, en théorie, d’un second, lequel sera une suite indépendante, en fin d’année ou l’année prochaine. Voire d’un troisième, mais on verra plus tard. C’est un Space Opera ; pas évident d’apporter sa touche personnelle en la matière, mais j’ai fait de mon mieux, vraiment. Je propose aux lecteurs de m’écrire pour me dire si j’y suis arrivé ou non. Enfin, surtout si c’est pour me dire si c’est oui, en fait. Sinon, il y a pas mal d’autres choses de prévues, des sorties dans des anthologies, chez Rivière Blanche à nouveau (Les Machines se révoltent, Dimension New York III, en plus des Cités Italiennes, d’Avenirs Radieux et de Dimension Merveilleux Scientifique 3 qui sont déjà sortis), une nouvelle en longeant le canal du Midi en compagnie d’une créature glaciale et délicieuse, la Dame du Drac, chez Rroyzz ; une autre, qui reprend un de mes personnages préférés de toute l’histoire de la littérature, rien que ça : Béhémoth, le chat qui mange des huîtres à la moutarde dans Le Maître et Marguerite, de Boulgakov (que si vous l’avez pas lu, faites-le au plus vite !). La Terreur du village (puisque c’est le titre…) paraîtra donc chez Ténèbres. Première publication chez eux après, je crois une bonne dizaine d’infructueuses soumissions… Je crois que je suis pas assez sombre pour eux, mais je suis en tout cas ravi de faire partie de l’aventure ce coup-ci. Il y a aussi, et c’est pas rien, les Gentlemen Mécaniques, pour les éditions de l’Instant, où figurera Ngurumpii, l’histoire d’un petit aborigène d’Australie, en compagnie d’une jolie équipe d’auteurs venus du monde entier, États-Unis, Espagne, Inde… et une autre nouvelle dans une revue, Etherval. Enfin, pour terminer, un deuxième gros projet : une anthologie que j’ai l’honneur de diriger moi-même, sur les Tisseurs de mondes, pour les éditions Arkuiris. Le thème peut sembler assez obscur, parce qu’il est aussi vaste que précis, et je crains qu’il n’impressionne un peu, mais je tiens à signaler que j’ai reçu une soumission de Stephen King et une autre d’Alexandre Dumas Jr Jr Jr Jr… ça devrait donc plutôt bien se vendre, si je les retiens. Pour préciser, l’idée, même si elle a été transposée sur une formulation poétique, est de montrer les mécanismes obscurs, lents et complexes de la construction et de la coopération, là où, en ce moment, le monde semble vouloir s’obstiner à mettre en lumière la destruction et les conflits…

 

Peux-tu nous révéler tes projets littéraires ?

J’ai beaucoup ralenti, par rapport à ces deux ou trois dernières années, et me contente d’une nouvelle par mois, au grand maximum, là où je pouvais essayer d’en faire (avec plus ou moins de réussite quant au résultat final…) jusqu’à quatre. Ce mois-ci, je tente une histoire catastrophe, pour les éditions Réalities.inc, qui ont publié la Septième idole en début d’année dans leur anthologie Réalités. J’ai une idée que je trouve, humblement, assez bonne, mais je suis assez mécontent de ce que j’ai fait jusque là… très souvent, la vie quotidienne vient parasiter l’écriture, quand elle ne t’empêche pas carrément de t’y mettre. Il faut se rappeler à chaque fois de faire le chemin contraire pour arriver à dépasser ça. Ensuite, en avril, je vais m’attaquer à l’appel à textes sur la Justice, pour Arkuiris encore ; et en mai, je ferai ce qu’il me plaît.

 

À quels salons littéraires prévois-tu de participer ? Est-ce que tu projettes d’organiser des séances de dédicaces dans des librairies (ou tout autre lieu culturel) ?

Je ne sais pas encore… il y a la convention nationale de SF, à Grenoble, où j’avais prévu d’aller… mais un imprévu m’en empêche finalement, ce qui m’embête beaucoup : j’ai été aux deux dernières, et ça a été à chaque fois un très bon moment. Sinon, je suis assez novice en ce qui concerne les salons ; pour commencer, je vais en faire un ou deux, déjà, ce sera pas mal. Je crois que Rivière Blanche a prévu d’être à Sèvres à l’automne, je vais essayer de me mettre dans leurs bagages. Si le public me plébiscite, peut-être que j’en ferai davantage. Pour ce qui est des dédicaces, je suis pas certain d’avoir encore la notoriété suffisante pour le faire, à part à Toulouse, peut-être, mais à ce compte, autant que j’organise des apéros avec les copains et les copines. D’une façon générale, je suis un très mauvais vendeur, et je n’arrive pas à me prendre au sérieux en tant « qu’auteur »… J’ai donc beaucoup de réserves et d’appréhensions concernant ces situations, même si, évidemment, j’ai envie de plonger dans le bain…

 

Côté littéraire, as-tu un souhait particulier ?

Eh bien…  J’écris beaucoup, et soumets assez peu, en comparaison… Je trouve que la partie la plus difficile est la recherche d’éditeurs, et j’aurais déjà pas mal à faire de ce côté-là. C’est vraiment compliqué de trouver des gens ou des structures qui, potentiellement, pourront être intéressés par ce que vous faites, le style, l’univers, le format… sans faire de généralités, parce qu’il m’arrive aussi de faire dans l’obscur, j’écris généralement dans des univers plutôt foutraques et joviaux ; or, le fantastique a une fascination pour l’obscur et le mystérieux, du coup, ça ne passe pas toujours. Mais bon, c’est comme ça. Il y a un roman qui est tout prêt, ou presque, et qui reprend deux novellas qui ont un temps été disponibles chez un super éditeur numérique, House Made of Dawn (lequel a, hélas, mis la clef sous la porte). Ma prochaine priorité est de lui trouver un éditeur, donc. Sinon, j’ai aussi un roman déguisé en recueil de nouvelles, ou le contraire, tout chaud au fond du tiroir. Et il y a cette affaire d’anthologies… je suis en cours de direction de la première, mais j’ai déjà d’autres idées qui pointent le bout de leur nez. Je suis un fada des trucs collectifs, sports, groupes… Je trouve qu’il y a une beauté incroyable qui peut se dégager des choses quand plusieurs personnes se rassemblent autour d’un projet, et l’anthologie, en littérature, me semble être le format qui rend le mieux cette idée.

 

Est-ce que tu as une lecture récente à nous recommander ?

Il y en aurait une bonne dizaine ! Je suis toujours à l’affût de trucs à lire, histoire de m’inspirer et de pas faire des redites… j’ai lu dernièrement un polar de Fredric Brown, La Nuit du Jabberwock. Il est très bon. Je suis en ce moment sur Les Fontaines du paradis, d’Arthur C. Clarke. Comme dans Rendez-vous avec Rama, je suis bluffé par l’esthétique qui s’en dégage ; mais déçu, en revanche, de ce que le côté technique y prend cette fois largement le pas. Il y a quelques semaines, j’ai adoré le Livre d’Or consacré à Robert Sheckley : je trouvais le romancier très moyen, mais en revanche, quel nouvelliste !!! Il y a aussi Frankenstein, qui est absolument fabuleux et que je ne regrette pas d’avoir finalement lu l’été dernier, après avoir hésité des années : on se dit qu’on connaît l’histoire, etc, etc… mais il y a finalement un paquet de choses entre les lignes.

 

Sur quel(s) blog(s)/site(s)/réseaux sociaux peut-on retrouver ton actu ?

Euh… aucun. Les divers éditeurs et revues qui me publient font aimablement suivre mon actualité, et je me suis promis de faire une page auteur, voire un site à moi tout seul, mais j’en trouve pas encore l’énergie. Il faut se sentir une vraie légitimité pour écrire un blog… et même si j’aurais sans doute un tas de choses à dire, j’ose pas le faire. Mais ça viendra.

 

Je te laisse la parole pour conclure cette mini interview et nous faire passer le message de ton choix.

Rien de très intéressant à dire, en ce qui me concerne, là dans l’immédiat, mais comme il y a un tas de paroles qui me semblent bonnes à faire suivre, je vais saisir l’occasion en citant une chanson d’un célèbre groupe toulousain, les Fabulos Trobadors, dont je trouve que l’on ferait bien de s’inspirer en ce moment : « Je ne brandis aucun drapeau, je ne veux suivre aucun troupeau... » Cela peut paraître surprenant pour quelqu’un qui se définit comme un fada du collectif, mais en ces temps de communautarisme exacerbé, il est bon de se rappeler parfois la valeur inaltérable de l’individu… ce qui me donne, tiens, une vraie conclusion avec une pensée pour le sieur Ayerdhal, qui a passé l’arme à gauche il y a quelques années.

 

Merci Sylvain. 🙂 

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