Interview de Christophe Rosati – L’actu des auteurs 2017

lactu-des-auteurs-2017-logo

 

Dans cette nouvelle interview de L’actu des auteurs 2017, c’est au tour de l’ami Christophe Rosati de nous révéler ses projets littéraires pour l’année. De quoi en perde la tête !

chris-r

Quelles seront tes publications en 2017 ?

Alors… en ce qui concerne le sûr et certain, il devrait y avoir une nouvelle pour une anthologie sur les fantômes à laquelle – mon petit doigt me dit – une flopée d’auteurs déjantés devrait participer. J’en parlerai plus longuement plus tard mais pour ce qui concerne ma contribution, elle fait la part belle au fait que si l’on attribue à Cook la découverte de l’Australie alors qu’une expédition portugaise l’avait trouvé visiblement bien avant, ce n’est peut-être pas pour rien…

Ensuite, il y aura (si tout va bien mais il n’est pas prévu de chute d’astéroïde ou de fin du monde pour 2017, non ? Donc ça devrait le faire) le deuxième tome de « La confidence d’Althios », toujours chez les éditions OVNI. C’est de la dark fantasy bien dark et pas trop mal fantasy aussi, ça tombe bien, qui devrait développer encore un peu le monde mourant du Dyved et martyriser encore quelques pauvres personnages qui n’ont rien demandé. Après avoir déterré un vélin qui aurait mieux fait de rester dans la poussière des étagères de la bibliothèque impériale, les pauvres habitants de l’Empire auront à faire face à une épidémie étrange ainsi qu’un début de guerre plutôt sale…

J’attends des nouvelles d’une autre nouvelle (ha ha) qui concerne une anthologie prévue pour le salon Fantasy-en-Beaujolais que j’affectionne particulièrement et qui a pour thème « Après la mort ». Tout un programme, non ? Mon texte raconte l’histoire d’un pauvre garçon, battu par un père ivrogne mais qui finit par décéder… ceci dit, rien n’assure que l’esprit des morts ne se trimballe pas chez les vivants après que le corps cesse d’être animé, n’est-ce pas ?

 

Peux-tu nous révéler tes projets littéraires pour l’année ?

Oui ! Je ne bosse sur aucun AT en particulier même si deux ou trois me font de l’œil. C’est juste que je manque cruellement de temps. Serait-il possible d’obtenir un emploi fictif qui me permette d’assurer une rente substantielle et de fait, me libérer pas mal de temps pour écrire ? Non ? Ah, bah, j’aurais tenté…

Je travaille, en revanche, sur le tome 2 du « Sorcier de Passe-Chânes », intitulé « l’Héritier de Passe-Chânes » qui verra le protégé de Granpa (pour celles et ceux qui ont lu le premier) contraint de prendre la fuite et de se plonger au cœur des légendes des mille et une nuits, après un périple plutôt craignos… Le premier tome faisait la part belle aux légendes grecques et celtes, au conte et au thème de l’aventure et de la responsabilité de ses actes, le second sera plus axé mythes orientaux avec, toujours, une bonne part de contes et un thème qui est plutôt celui du dépassement de soi…

Je planche aussi (mais là j’avoue que c’est complexe pour moi) sur une pièce de théâtre pour les petiots… une histoire de princesse et de quenotte ou de princesse-quenotte, faut voir. C’est amusant, frais, ça me plait de l’écrire, mais le format est particulier. Donc à suivre…

Je vais aussi corriger et développer une novella steampunk pour en faire un roman (pour ceux à qui ça parlera, j’ai environ 150 000 sec de prêts), corriger Ouroboros en vue de la parution de l’intégrale en format numérique et papier, chez l’Ivre-Book bien sûr. J’en profiterai pour réactualiser certains passages, mais sans changer la trame, bien sûr. Ça restera un thriller d’action SF avec des bouts croquants d’intrigue dedans, du complot, de l’amour, des combats au flingue, à l’arc, au couteau, à coup d’hélicoptère, au missile, des cyborgs, des fous dangereux, des I.A. mégalomanes, et j’en passe…

 

À quels salons littéraires prévois-tu de participer ? Est-ce que tu projettes d’organiser des séances de dédicaces dans des librairies (ou tout autre lieu culturel) ?

Je devrais être présent (à moins à nouveau d’une fin du monde inopinée, hein) à Nice Fictions, le festival de l’imaginaire de Nice… bon, en espérant que cette année, ils aient pris la peine de faire une pub conséquente, hein, parce que si l’idée est bonne, les travées sont plutôt vides… ça c’est pour avril.

Je devrais être là aussi pour les Aventuriales à Ménétrol-city, avec visiblement une bonne brochette de tarés, n’est-ce pas ? En septembre, donc.

Et enfin, évidemment, à Crèches-sur-Saône ! Quand tu as goûté à ce festival-là, tu ne peux plus t’en passer, n’est-ce pas ? Et celui-là, c’est pour Novembre.

Il y aura peut-être d’autres événements dans l’année, mais pour le moment, rien de certain donc pas de faux espoirs pour la horde de fans en furie qui m’attend à chaque fois… restez sur les starting-blocks, néanmoins… tout est possible ! Non, j’déconne ! Venez, siouplé, m’ssieurs-dames, chui un auteur abandonné, pauvre et tout mais promis, pour les festivals, je me lave !

 

Côté littéraire, as-tu un souhait particulier ?

Il y a… hem… un truc, mais là pour le coup, c’est gros, c’est même énorme, le genre de truc qui te change la vie si jamais t’es pas trop con (merde… ça me disqualifie) et c’est surtout pas certain du tout mais alors, pas du tout et ça concerne le cinéma… donc je n’en dis pas encore davantage, non pas par superstition, mais parce que ça ne servirait à rien, à ce stade, de tirer des plans sur la comète.

Il y a aussi le souhait de trouver le temps de terminer tous mes projets, quelques auteurs avec qui j’aimerais bien écrire des trucs horribles ou plus sexys, des textes quoi, et puis (* mode miss universe : on *) je voudrais que la paix règne sur le monde et que tous les animaux puissent gambader dans la nature parce que j’aime le bonheur et les licornes (* mode miss universe : off *) MORTES ! LES LICORNES MORTES !

 

Est-ce que tu as une lecture récente à nous recommander ?

Essai politique : « Médiocratie », d’Alain Deneault

Recueil de nouvelles : « La tour de Babylone » de Ted Chiang

Romans : « Pagan Pandémia » de David Baudet

« Le prince des ténèbres » de Seio Nagao

Et là, je suis en train de lire « La voix » de Arnaldur Indioason, c’est du policier islandais et c’est vraiment très bien ! L’ambiance est terrible.

 

Sur quel(s) blog(s)/site(s)/réseaux sociaux peut-on retrouver ton actu ?

Essentiellement Facebook. Ma page Christophe Rosati Auteur. Je ne tiens pas de blog ni de site, non pas que je n’en ai aucune envie mais je me lasse très vite des choses et du coup, je ne m’y tiens pas, je me connais.

 

Je te laisse la parole pour conclure cette mini interview et nous faire passer le message de ton choix.

Tu sais quoi ? J’en aurais pour deux plombes à dire tout ce que je voudrais dire, alors en lieu et place, je t’offre un poème que j’avais écrit pour un AT sur « la chasse volante », chez l’Ivre-book. Il n’est jamais paru nulle part si ce n’est sur ma page auteur, alors voilà. C’est pas grand-chose mais c’est cadeau. Bonne lecture ! 🙂

La chasse

Aux prémices du soir sur la lande mourante

Les derniers incendies enflamment les herbages

A l’orée sous la toile d’une fragile tente

Un promeneur savoure la nature si sage.

Il fume et de sa pipe, s’envole des volutes

Qui dansent et s’évaporent dans les vapeurs du soir

Tandis qu’à l’horizon, frémissant sur les buttes,

La canopée grelotte, chuchote ses espoirs.

Soudain le vent s’invite, au souffle tourmenté

Soulève ses cheveux, caresse sa chemise

Ses sourcils se froncent sur un regard inquiet.

Aux échos des rumeurs que transporte la brise

Mémoire de sortilèges, de démons et de goules

Les frissons de son dos ne sont pas dus au froid.

La terre tremble et remue, esquif sur la houle

L’homme cherche l’abri que sa demeure octroie.

Sous sa tente il attend que la colère passe.

Espère que calme plat et nuit douce et paisible

Marqueront son étape en cette plaine impasse

Il pense ouïr des mots que la raison abhorre.

S’invente des dénis ornés de métaphores

Mais les voix murmurantes deviennent perceptibles.

Il s’agite, se tord, cherche un peu de chaleur

Sous quelques couvertures, illusoires cuirasses

S’imagine déjà mille et une horreurs

Griffant de leurs ergots sa précieuse tignasse.

Il n’attend plus longtemps, la toile secouée

S’ébroue comme un cheval à la croupe piquée

Vacarme et hurlements aux accents d’enfer pâle

Malmène sa demeure, la renverse et l’étale.

Il roule. En cris.

Seulement accompagné

Des confidences,

Des secrets des damnés.

Mort.

Haine.

Sort.

Peine.

Tempête.

La fin le guette.

Ses cris s’égarent.

Dans le tumulte.

Piqué de dards.

Secrets occultes.

Sa peau tiraille.

Ses tripes brûlent.

Sous la mitraille

Sa vie bascule.

La toile s’effrite.

Le ciel est noir.

Des parasites.

Rongent l’espoir.

Les cris des chiens

Dans ses oreilles.

Dans le lointain

Une ombre veille.

Sur son cheval

Ombre mortelle.

Hideux vassal

Aux yeux cruels.

Il pousse un cri

Et le chaos

Son agonie

Pris sous les crocs.

Il supplie.

Il quémande.

Seul il prie

Et demande.

Ses cheveux noirs

Dont il est fier

Maintenant blancs

Comme l’enfer.

Les yeux rougis

D’un sang épais

Cherchent la vie

Dans la curée.

Mais il n’y a plus rien :

Ce temps n’est plus le sien.

Il est pour son malheur

Sur les terres du chasseur.

Sa meute le dévore :

Il propose de l’or.

Ses damnés le déchirent :

Il voudrait les maudire.

Ses chiens le déchiquètent :

Il admet sa défaite.

Sa voix encore intacte

Il hèle le braconnier.

Lui offre comme un pacte

Son âme à dévorer :

« Mais laisse donc mon corps,

Je pourrai profiter

Accepterai mon sort

Si je dois y passer.

En échange maudit,

Je t’offrirai des gens

Mémoire de cette nuit

Un sacrifice l’an ».

La chasse se raisonne.

Les chiens grognent et attendent.

Puis le cor résonne.

Tous les nerfs se tendent.

Les dogues aux poils gris

Se retirent en hurlant

Se fondent dans la nuit

Se cachent dans le vent.

La voix noire du traqueur

Retentit dans le soir.

Accepte du marcheur

Le contrat illusoire.

Puis de son regard rouge

Il glace l’homme assis

Autour, plus rien ne bouge.

Il est exclu, honni.

Le soleil se lève, le temps s’est écoulé.

La nuit sombre est passée, la chasse s’en est allée.

Tous les ans depuis lors, le maudit tue une âme

Pour prix de son salut éphémère il se damne.

Car au jour dernier, lorsqu’il devra périr,

Il sait que les mâtins, aux crocs larges et ambrés

L’attendront doucement, sentinelles vampires.

Ils précèderont l’être aux cornes décharnées

Celui dont le secret marche au fil des légendes

Le maître de l’enfer, le seigneur de la lande.

Il est faucheur des mondes, et pour notre malheur

Commandeur de la chasse au nom de Grand Veneur.

Voyageur imprudent, sache où mènent tes pas

Car la nuit, imprudent, cache bien des secrets.

Ses étoiles brillantes sont des mondes bien froids

Que les hommes inconscients affectionnent à rêver.

CR 2015

 

Merci Christophe. 🙂 

Publicités

Une réflexion sur “Interview de Christophe Rosati – L’actu des auteurs 2017

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s