Extrait #2 de « La main du diable et autres contes macabres »

Cover La main du diable et autres contes macabres

(Illustration réalisée par Laurent Emonet)

Après un premier extrait, partagé récemment, découvrez quelques paragraphes de la seconde novella de ce recueil fantastique/horreur, intitulée « La poupée » :

« […]Le jour suivant, Roxanne fut réveillée par l’écho de ce qui semblait être un éclat de rire. Elle se dirigea silencieusement vers la chambre de sa fille qui dormait encore à poings fermés. Elle ne put retenir un cri de colère en apercevant Rébecca posée à côté d’elle dans le lit. Roxanne tâta machinalement la clé du cadenas et vérifia ainsi qu’elle était toujours bien accrochée autour de son cou. Elle se précipita alors vers le débarras. La malle où elle avait enfermée la poupée était grande ouverte. En regardant de plus près, elle remarqua de multiples rayures à l’intérieur du couvercle, comme si on l’avait gratté. Comme si quelqu’un ou quelque chose avait essayé d’en sortir… Elle frissonna alors en repensant à certains films d’horreur qu’elle avait vus où des morts-vivants parvenaient à ouvrir leurs cercueils en grattant et arrachant des morceaux de leurs couvercles à l’aide de leurs mains putrides et décharnées. 
Le cadenas semblait avoir été forcé. Elle aurait voulu accuser immédiatement Émilie de ce méfait, mais Roxanne ne voyait pas très bien comment une fillette de sept ans et de dix-sept kilos aurait pu trouver la force de tordre un cadenas en acier aussi épais. De toute manière, le fracas terrible que cette tentative d’effraction aurait provoqué aurait eu du mal à passer inaperçu. Dans les vieilles bâtisses, la moindre chute d’objet résonne avec tant d’intensité qu’un tel bruit aurait été entendu partout dans la maison.
Roxanne alla réveiller sa fille et d’une voix calme, lui demanda comment elle avait réussi à ouvrir la malle où se trouvait sa poupée. Émilie, encore ensommeillée, jura qu’elle ne savait même pas que Rébecca se trouvait dans son lit et pensa durant l’espace de quelques secondes que sa mère venait de la lui rapporter. Aussi étrange que cela parut, Roxanne accepta de croire cette histoire qui aurait pourtant l’air d’un mensonge éhonté pour n’importe qui d’autre. Roxanne était persuadée que cette fois-ci, sa fille disait la vérité. Elle la laissa se rendormir et quitta sa chambre.
Maxime arriva dans la cuisine alors que Roxanne préparait des pancakes aux myrtilles, comme elle le faisait souvent le dimanche matin. Il remarqua tout de suite son air soucieux. D’habitude, cette fanatique de cuisine arborait un immense sourire dès qu’elle était devant ses fourneaux, mais son visage était anormalement grave. Lorsqu’elle lui raconta sa découverte du matin, il n’en crut pas ses oreilles.
— Cette poupée n’est pas retournée toute seule dans son lit, tout de même ! réfuta-t-il.
— Non, évidemment que non, répliqua Roxanne sans conviction.
— Tu ne crois tout de même pas que c’est moi qui suis allé la chercher pour la lui rendre ? s’enquit-il, un peu agacé.
— Mais non ! Jamais je n’ai pensé une telle chose, continua sa femme, dont l’esprit n’avait effectivement jamais été effleuré par cette idée ridicule.
— Alors, qui a forcé le cadenas ? 
Roxanne lui parla alors des rayures étranges à l’intérieur du couvercle de la malle. Maxime trouva que, décidément, il avait épousé une femme à l’imagination bien trop fertile, même s’il n’avait aucune explication logique à fournir à cet événement.
Durant l’après-midi, Émilie continua ses monologues avec sa poupée, feignant d’entendre ses réponses imaginaires. Attablée dans la cuisine devant des tasses à thé miniatures remplies de limonade, elle se tourna soudain vers sa mère qui confectionnait un gâteau aux framboises.
— Dis, maman, ça fait mal de mourir ? demanda-t-elle d’un ton monocorde.
— Chérie, pourquoi est-ce que tu me demandes ce genre de chose ? s’étonna Roxanne, troublée par cette question. Quelqu’un est mort dans ton école ? C’est pour ça que tu me poses cette question ?
— Non.
— Pourquoi alors ? insista la jeune femme.
— Parce que Rébecca m’a dit que toi et papa, vous alliez bientôt mourir, lâcha la fillette sur le même ton sans émotion, tout en brossant les cheveux de sa poupée. […]

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