« Les survivants d’Huttopia » – 1er extrait

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(Illustration réalisée par Jimmy Rogon)

 

Si vous suivez ce blog, la parution récente de mon 1er roman, « Les survivants d’Huttopia » (chez Elenya Editions), n’a pas pu vous échapper. Rien n’étant plus parlant qu’un extrait, je vous propose de découvrir ces quelques lignes, issues de son 1er chapitre :

[…] En rentrant chez lui, un peu plus tard, il emprunta l’avenue Vaara et fut déconcerté de ne pas reconnaître le décor qui l’entourait. Il aurait presque juré que certains bâtiments et plusieurs arbres n’étaient plus là, ce qui était bien entendu impossible. Il se souvint avoir eu la même impression, au parc, durant sa pause déjeuner. Et si tout cela était lié aux malaises qu’il avait eus durant la journée ?
« Mes collègues ne sont tout de même pas assez stupides pour avoir mis un hallucinogène dans mon café… Ça ne leur ressemblerait pas vraiment », se dit-il.
Il se ravisa rapidement. En trois ans, il n’avait jamais vu ceux qui travaillaient avec lui faire de blagues à quiconque ou même piquer un fou rire. Ils étaient tous si sérieux, presque sinistres. Non, son problème avait forcément une autre origine. Peut-être perdait-il l’esprit comme son oncle Larry. Un matin d’automne, il avait décimé toute sa famille à coups de carabine avant de se pendre dans le jardin familial sans laisser la moindre explication sur ce geste insensé. Cette idée le fit frissonner.
Lorsqu’il eut regagné son domicile, il récupéra son courrier et découvrit avec stupeur qu’on avait dérobé la plaque vissée sur sa boîte aux lettres portant son nom.
« Il y a vraiment de quoi devenir parano. Je voulais vivre une journée différente, me voilà servi. », pensa-t-il, dépité.
Le jeune homme se servit un verre de jus d’orange et s’effondra sur le canapé du salon, où il entreprit de consulter ses courriels depuis sa tablette numérique. Il tapa le code d’accès de sa boîte mail une fois, deux fois, trois fois… Accès refusé, erreur d’authentification. Il connaissait ce code par cœur et ne l’avait jamais modifié. Comment pourrait-il soudain ne plus être le bon ? Il supposa que le service de messagerie devait être victime d’un bug, fait rare, mais pas impossible puisqu’une telle situation était déjà survenue par le passé. Lorsqu’il essaya de se connecter sur les réseaux sociaux, le même problème se présenta. La page de son profil s’était volatilisée.
« Quelqu’un essaie de me faire croire que je n’existe plus », se dit-il, non sans un brin de paranoïa.
Il réfléchit. Qui parmi ses proches serait assez sournois et rusé et surtout, lui en voudrait suffisamment pour lui jouer ces mauvais tours à répétition ? Personne. Non, il ne voyait absolument pas qui pourrait avoir envie de lui nuire de la sorte. À sa connaissance, il n’avait aucun ennemi. Il essaya d’effectuer une recherche sur Google afin de vérifier si une panne sur les réseaux sociaux était annoncée, mais elle ne put aboutir. Erreur 404. Il la réitéra cinq autres fois, puis abandonna. Sa connexion Internet ne fonctionnait plus et devait sans doute être la cause de ses problèmes. Tout en fixant l’écran, il posa son verre sur la table basse située près du canapé. Un bruit le fit sursauter. Le verre s’était brisé en chutant sur le carrelage. La table sur laquelle il avait voulu le poser n’existait plus.
— Non, non, c’est impossible ! lança Green à haute voix. Elle se trouvait là il y a encore deux minutes, elle a toujours été là. Mais qu’est-ce qui cloche chez moi ? Je perds complètement la tête…
Le jeune homme essaya de se rassurer. Il devait exister une explication rationnelle à toutes ses mésaventures, qui s’étaient enchaînées sans relâche au cours de la journée. Même si cela le surprenait beaucoup, on avait forcément versé une drogue quelconque dans son café, il en était à présent convaincu. Les effets allaient finir par se dissiper. Demain, l’auteur de cette farce de mauvais goût s’excuserait probablement en réalisant qu’il avait été bien trop loin. Benjamin sortit de chez lui. Marcher et respirer un peu d’air frais lui ferait sans doute beaucoup de bien. Alors qu’il avançait en direction d’un étang, endroit paisible de la ville où il adorait se réfugier pour méditer, il se figea. La grande maison en briques rouges située au bout de la rue venait de se dématérialiser sous ses yeux. Il se retourna brusquement lorsqu’une vibration résonna derrière lui. Elle provenait d’un érable centenaire qui devint transparent avant de disparaître comme s’il n’avait jamais existé. […]

Pour vous procurer « Les survivants d’Huttopia« , rendez-vous ICI !

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2 réflexions sur “« Les survivants d’Huttopia » – 1er extrait

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