L’importance des salons littéraires

Le salon littéraire a plusieurs fonctions, dont une est évidente : il permet aux auteurs de faire connaissance avec leurs lecteurs (et inversement), ce qui constitue forcément un moment rare et agréable.

Ce n’est cependant pas son seul avantage. Il est aussi un lieu où se décident des partenariats entre auteurs et éditeurs/directeurs de collection ou entre auteurs (souvent autour d’un verre ou deux, ou un peu plus…), car les rencontres font souvent naître des projets intéressants et originaux (et même parfois, un peu loufoques).

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Mais la plus grande force d’un salon littéraire (selon moi), c’est surtout, le off, le moment où les auteurs peuvent se retrouver « livrés à eux-mêmes » pour discuter et trinquer à leurs retrouvailles. Pour ceux qui l’ignoreraient, l’auteur de Fantastique/SF/Horreur (pro ou amateur) est un être un peu à part (ça marche aussi pour les illustrateurs, les musiciens, les tatoueurs, etc…, d’ailleurs). Souvent perdu dans son monde imaginaire, il considère ses personnages comme de vieux copains, peut consacrer des heures à parler littérature et a souvent l’air déconnecté de la réalité. Résultat : il passe généralement pour un OVNI auprès des autres humains (sauf ses amis proches et sa moitié, généralement très bien choisis) et a parfois du mal à communiquer avec ceux qu’il côtoie au quotidien, au boulot notamment. Lui les trouve ennuyeux, eux le prennent pour un illuminé échappé de sa cellule capitonnée.

Il ne faut pas oublier que l’auteur est une sorte de grand enfant qui joue à créer des mondes, y fait vivre ou mourir ses héros, cherche à faire rêver ou effrayer ses lecteurs (et lui-même, au passage). Pour les adultes « non créatifs », voire, « anti créatifs », tout cela n’est pas très sérieux. « Sinon, t’as aussi un vrai métier ? », phrase si souvent entendue, montre bien à quel point le « non/anti créatif » a du mal à comprendre que SI, pour l’auteur, c’est TRÈS sérieux.

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Alors forcément, lorsque l’auteur retrouve ses semblables, ils ont plein de choses à se raconter et, vue de l’extérieur, une réunion d’écrivain peut rapidement prendre des airs de cour de récréation ou même parfois, de camp de vacances pour ados socialement inadaptés (si, si, ça arrive !). Un aspect quasi magique des réunions d’écrivains est que même sans nous connaître, nous sommes sur la même longueur d’ondes. On se comprend, on comprend nos motivations, nos doutes, nos problèmes divers. Il faut dire que nous avons (à peu près) les mêmes parcours, références littéraires, ciné ou musicales, ce qui aide forcément à faire passer le courant. Ensemble, on peut se lâcher et laisser s’exprimer les grands gamins qui sommeillent toujours en nous.

12039178_1200080873344159_4244500106885585572_n (1) Ce que les visiteurs du salon voient…

 

Ce qui se passe dans les têtes des grands enfants que nous sommes…

 

(Les amateurs auront reconnu cette photo extraite du film « Ça », adapté du roman de S. King)

[N’allez cependant pas croire que tous les auteurs des littératures de l’imaginaire s’adorent, ce n’est pas non plus le monde enchanté des Bisounours -loin de là-, mais je préfère n’aborder que les bons côtés de notre « métier » dans cet article.]

Après minuit (et même avant), l’auteur en salon a de fortes chances de se transformer non pas en Gremlin, mais en ado amateur de blagues graveleuses et/ou d’humour bien noir. Certains diront que c’est parce qu’il a abusé des « boissons qui piquent », mais je peux vous assurer que même à jeun, une réunion d’écrivains peut virer à des sketchs dignes des Monty Python ou des Robin des Bois (petit clin d’œil à mes frangins Fossoyeurs de Rêves, au passage 😉 ). Tous les auteurs ne sont pas concernés par ce phénomène, bien entendu. Il en existe de très sages et même des sinistres, mais personnellement, j’en connais assez peu. Peut-être qu’inconsciemment, je les évite (et ils m’évitent aussi), tout simplement.

Et parce que les réunions d’auteurs en salon, c’est 48 à 72h00 de rigolade presque non-stop, on a forcément un petit pincement au cœur lorsque c’est fini. Un peu le même genre de pincement que l’on ressentait le dernier jour de l’année scolaire, lorsqu’on quittait sa bande de bons copains. Après plusieurs jours d’euphorie, un petit blues peut survenir. Pour y remédier, on a heureusement Facebook, 100 à 200 photos souvenir toutes aussi inmontrables les unes que les autres, et on prépare avec enthousiasme le salon suivant.

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Vous savez désormais pourquoi beaucoup d’entre nous attendent avec tant d’impatience les salons littéraires. Bien sûr, nous sommes très heureux de découvrir nos lecteurs, de discuter avec ces passionnés de littérature venus à notre rencontre… mais pas uniquement !

Si l’idée d’approcher des auteurs à l’état sauvage et dans leur habitat naturel vous tente, je vous invite cordialement à nous retrouver aux Aventuriales de Ménétrol, les 24 et 25 septembre prochains (vous pourrez aussi, accessoirement, y acheter nos ouvrages ! ).

 

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3 réflexions sur “L’importance des salons littéraires

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