LES MYSTERES DU VAUDOU

Cet article a été initialement publié dans le numéro d’août 2012 de L’Imaginarius

Le-Baron-Samedi« Le Baron Samedi », tableau réalisé par le talentueux Nicolas Le Tutour

Le Vaudou est une religion qui a vu le jour en Afrique de l’Ouest, puis a été largement popularisée en Amérique et dans les Caraïbes avec le début de l’esclavage. Elle compterait plus de 50 millions d’adeptes à travers le monde, y compris au Canada, où elle connaît une grande augmentation de sa popularité depuis les années 2000, probablement en raison de l’augmentation du nombre d’immigrants en provenance d’Haïti. Haïti est en effet l’un des pays au monde où le nombre de communautés vaudouisantes est le plus élevé, avant Cuba, le Brésil ou l’état américain de Louisiane.
Le terme de Vaudou représente un monde surnaturel où évoluent des divinités et des entités avec qui les humains peuvent entrer en communication afin d’obtenir leur aide dans ce monde. Pour cela, il est important de les amadouer par l’intermédiaire d’offrandes.

Lors de l’ouverture d’une cérémonie, c’est l’esprit de Papa Legba qui sera invoqué par le prêtre vaudou, car il est considéré comme un intermédiaire entre les Dieux et les humains, ainsi que comme le détenteur des clés du Paradis et de l’Enfer. Papa Legba est une sorte de messager qui a le pouvoir d’ouvrir un passage entre le monde des esprits et celui des mortels.

legba

Les rites vaudou sont divers et généralement destinés à obtenir des faveurs en matière d’argent, d’amour, de santé ou de chance. Parmi les différentes croyances associées à cette religion, celles de la possession d’un corps par un esprit et de l’existence des zombies sont les plus marquantes. L’usage de sacrifices d’animaux et des fameuses poupées vaudou, que l’on pique d’épingles pour se venger d’un ennemi, est également bien connu. Lors des cérémonies vaudou, les prêtres, ou même parfois les membres de l’assistance, sont supposés être possédés par les Loas invoqués et se comporter comme eux le feraient durant le temps de ladite cérémonie, marchant dans le feu, avalant des substances toxiques ou s’entaillant la peau sans, dit-on, ressentir la moindre souffrance ni le moindre effet secondaire !

poupee-vaudou

Mawu est la Divinité créatrice, celle qui commande toutes les autres divinités.  En raison de son importance, il n’existe pas de représentation physique de ce Dieu, dont l’apparence reste volontairement abstraite. Il n’est d’ailleurs pas invoqué dans les rituels pour obtenir une faveur. On ne fait que le remercier de sa présence et de sa bienveillance.

Les autres divinités « subalternes » sont appelées des Loas et sont particulièrement nombreuses. Parmi elles, les plus importantes sont Erzulie, Damballa, Papa Legba et Gu.

Chaque Loa possède ce que l’on appelle un vévé. Il s’agit d’un dessin complexe destiné à faire venir le Loa dans notre monde, comme une porte d’accès entre le monde des mortels et celui des esprits. On associe un dépôt d’offrandes à chaque demande faite à un Loa et l’offrande variera en fonction des « goûts » du Loa invoqué.

Erzulie est la déesse de la beauté et de l’amour, que l’on invoque généralement pour trouver un conjoint, récupérer un mari volage, ou encore pour obtenir la beauté et l’admiration des autres. Lors des différentes cérémonies où l’on fait appel à elle, les offrandes seront composées de bijoux, de parfums ou de produits cosmétiques qu’elle est supposée adorer.

Erzulie-tableau-d-Andre-Pierre
Damballa fait également partie des Loas majeurs et, est considéré comme le Dieu du ciel, le créateur de toute vie. A la Nouvelle Orléans (USA) comme en Haïti, il est représenté sous la forme d’un serpent, qui est d’ailleurs présent sur son vévé. Il est l’époux d’Erzulie et on l’invoque notamment pour la protection des handicapés, des albinos et des jeunes enfants. Les offrandes dont il est friand sont plutôt simples à trouver et peu coûteuses, puisqu’il s’agit de sel, de farine ou d’oeufs, globalement, de toute chose de couleur blanche.

VeveDamballah

Gu, également appelé Ogun, est un Loa guerrier, qui représente la puissance, le triomphe, mais aussi la destruction. On l’invoque pour gagner un combat, physique ou moral, ou encore pour nuire à un ennemi. Pour l’amadouer et obtenir ses faveurs, rien de tel que des cigares ou du rhum, dont il serait très friand !

Le Panthéon vaudou est particulièrement peuplé, et il existe des dizaines d’autres Loas tels que Mami Wata, Hebieso ou Sakpata.
Longtemps interdit par les colons blancs, le vaudou a dû s’adapter et mêler des bribes de rites chrétiens à ses propres rituels, afin de pouvoir continuer à exister.
Cette religion possède depuis longtemps une image négative, associée à la mort, la torture (par les poupées vaudou), les envoûtements et même le cannibalisme. Sa diabolisation vient en majeure partie de la terreur qu’essayait d’engendrer chez les colons blancs les esclaves adeptes de cette religion. Dès lors, elle a eu la réputation d’être uniquement axée sur les souhaits de morts et la souffrance, alors que ce n’est absolument pas sa seule fonction.

Pour en savoir davantage sur le Vaudou, je vous recommande la lecture de « Rituels et Symboles Vaudou », d’Heike Owusu, aux Editions Guy Tredaniel.

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