« Délais de réponse, de soumission, soumissions simultanées… Que faire ? (1. Rien) »

Article de Lionel Davoust, publié sur son blog le 29 juillet 2015

(Merci à Pascaline de l’avoir repéré pour nous)

« Okayyyy, je respire un grand coup pendant que ma dernière bibliothèque de sons symphoniques se télécharge et je me lance, tremblant et la peur au ventre, dans un de ces sujets qui déchaîne les passions :

  • Que faire face à la lenteur des réponses éditoriales aux soumissions de textes ?
  • Peut-on soumettre à plusieurs supports en même temps ? (soit « soumissions simultanées »)
  • En l’absence de réponse, au bout de combien de temps puis-je passer à autre chose ? 

Pour ma part, je vais être clair : ma posture a toujours consisté à bannir totalement les soumissions simultanées. Mais, avant de prétendre que c’est la chose à faire, et pour donner plutôt les éléments de réflexion qui serviront à construire une stratégie intelligente, comprenons la question sous-jacente : au fond, quel est le problème avec cette pratique ?

L’article d’aujourd’hui sera le premier de deux parties, concernant les questions de base, et puis mon avis, ma stratégie, qui n’engage que moi. Demain, on fera un peu plus de realpolitik pour voir comment composer avec le marché quand on est moins tête de mule que ton humble serviteur, auguste lectorat.

SOUMISSION SIMULTANÉE, CHAMP DE MINES

Les services éditoriaux sont absolument noyés de manuscrits, qu’ils examinent pourtant (si les soumissions sont ouvertes), dans l’espoir de trouver la gemme de demain. Ce dont il faut bien avoir conscience, c’est qu’un éditeur qui lit un manuscrit ne fournit pas un service public (comme c’est parfois sous-entendu par de jeunes auteurs), ne doit même rien à l’auteur qui soumet son livre : il travaille, en choisissant d’investir son temps dans cette recherche – un temps qu’il ne passe pas à faire autre chose, comme boire des daïquiris aux Seychelles promouvoir un livre existant ou même l’oeuvre d’un auteur déjà établi. Il est animé par une mission, son amour de la littérature (sinon il ferait autre chose de sa vie), mais aussi par le fait que sa boîte doit tourner un minimum : encore une fois, il bosse.

Imaginons maintenant que l’éditeur, après une traversée interminable de manuscrits mal ciblés ou écrits avec deux pieds gauches trouve enfin la perle rare, le nouveau Tolkien. Hosannah ! Il appelle l’auteur pour lui promettre une avance pharaonique et des daïquiris aux Seychelles. Et là, l’auteur lui dit « ah ben je suis désolé, mais j’ai envoyé mon bouquin en même temps à votre concurrent principal, il l’a pris, c’est ballot, hein ».

Pire (anecdote authentique) : « Ah c’est cool, mais j’attends une réponse de votre concurrent plus gros qui paie mieux, s’il le veut je lui file, mais sinon okay, je vous le donne. »

Mets-toi à la place de l’éditeur, auguste lectorat. Imagine-toi dans ses souliers vernis. Quelle sera ta réaction ? Voilà.

Là, les plus libéraux peuvent se dire : « bah, loi du marché, bitch, t’avais qu’à réagir plus tôt ».

C’est une attitude légitime. Sauf que vous venez de fâcher un potentiel partenaire, qui ne refera probablement jamais affaire avec vous (oui, ce genre de choses arrive, et régulièrement) parce que vous venez, dans les faits, de lui cracher au visage et qui, s’il est mal luné, ira même raconter à ses petits camarades que vous n’êtes pas quelqu’un de fiable.

Ce qui est une mauvaise décision d’affaires, qu’on soit libéral ou pas, bitch toi-même.

Donc, toute décision concerant la soumission de textes doit prendre en compte cet aspect : laisser à l’éditeur le temps de faire son travail, lequel est lent par nature (lecture attentive, possible prise de notes, immense volume reçu), et prendre soin de ses relations futures avec tous les partenaires, parce que c’est ce qu’un pro fait.

MAIS SI ÇA NE RÉPOND PAS APRÈS 47 MOIS ?

La réponse à ce stade de la discussion est : « mais si je n’ai pas de réponse après un temps raisonnable ? Genre 3, 6, 9 mois ? J’ai le droit d’aller ailleurs, non ? »

Mon avis ? Dans le cadre de la nouvelle (on parlera du roman demain) : attendez quand même. De façon parfaitement subjective, un truc me gêne dans le sous-entendu de cette question : l’impatience. « Ouais mais c’est dégueulasse, moi j’attends, je me ronge les sangs, je voudrais pouvoir reprendre mon texte et le publier ailleurs. »[…]

Lisez la suite et l’intégralité de cet article sur le blog de Lionel Davoust.

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2 réflexions sur “« Délais de réponse, de soumission, soumissions simultanées… Que faire ? (1. Rien) »

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