L’auteur Sylvain Johnson présente Montréal à travers son roman « Le Tueur des Rails »

Dans mon précédent article, j’ai eu le plaisir de vous présenter Sylvain Johnson, un ami auteur, membre du collectif d’auteurs franco-québécois Les Fossoyeurs de Rêves, dont je fais également partie. Dans cet article-ci cet écrivain montréalais nous présente sa ville d’une manière assez originale : à travers plusieurs extraits de son roman « Le Tueur des Rails » (paru aux éditions Porte-Bonheur au Québec et aux éditions L’Ivre-Book en France).

10994687_598419620259032_221561402_nL’auteur québécois Sylvain Johnson

Montréal dans le roman « Le Tueur des Rails »

Je suis né à l’hôpital Saint-Luc de Montréal en la glorieuse année 1973. Le film Kamouraska basée sur le Roman d’Anne Hébert prend l’affiche, Pink Floyd présente « Dark side of the moon » en concert pour la première fois au Québec et CKRL-FM devient une réalité. Elle serait la première radio communautaire francophone dans le monde.

Quelques années plus tard, ma famille déménage à Laval, puis dans le village de Sainte-Thècle en Mauricie. Toutefois, malgré ces déménagements, les nouveaux paysages à explorer, je n’ai jamais cessé d’être un Montréalais. Mon cœur était resté quelque part entre le Mont-Royal verdoyant, le fleuve Saint-Laurent aux reflets d’argents et le vieux port bondé de touristes.

Mon roman « Le Tueur des Rails » est un projet entamé dans le Maine, alors que je vivais une situation difficile. Mon écriture était un moyen de m’évader, de quitter le présent détestable pour plonger dans un univers fantastique, lointain et très souvent plus acceptable. J’admets toutefois que mes personnages n’ont pas la vie facile.

En écrivant ce roman, je m’ennuyais énormément de ma ville natale. Plusieurs années s’étaient écoulées sans la moindre occasion d’y remettre les pieds et elle me manquait. Mon esprit ne cessait de vagabonder, pour inévitablement retourner dans ces endroits joyeux de mon esprit. La géographie, le climat et la culture de la ville s’intégraient dans mon imagerie, mes rêves, mes songes éveillés.

Quoi de plus naturel que d’y situer mon aventure?

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On peut dire que « Le Tueur des Rails » est le combat d’un jeune homme troublé avec sa famille, sa propre santé mentale douteuse, sa vie décousue et sans espoir. En amorçant l’écriture, je voulais explorer deux éléments distincts.

Le premier était l’écriture d’une histoire racontant les déboires d’un tueur en série. Un personnage que je voulais différent, m’éloignant du thème classique de l’enfant bizarre qui torture des animaux, du psychopathe martyrisé par des parents sadiques, pervers et alcooliques. Mon tueur devait « attraper » cette cochonnerie meurtrière d’une autre façon.

Le deuxième élément du roman était le voyage en chemin de fer, incognito sur les trains de marchandises. J’étais fasciné par les documentaires de ces vagabonds traversant le pays, le continent dans des wagons froids, mettant leur vie en danger, créant des confréries secrètes de voyageurs clandestins aux surnoms évocateurs.

Pourquoi choisir Montréal comme ville où situer mon récit ?

Parce qu’il n’y avait aucun autre endroit pouvant subvenir à tous mes besoins littéraires, aucun autre lieu présent dans mon imaginaire. La métropole possède un héritage ferroviaire assez grandiose, évident lorsque vous vivez sur son large territoire. Il y a les trains de banlieue, entre le centre-ville de Montréal et Deux-Montagnes, St-Jérôme, Mont-Saint-Hilaire, Mascouche, Candiac. J’ai pour ma part effectué le trajet Deux-Montagnes vers Montréal des centaines de fois. Peu importe où vous êtes dans la ville, il y a de fortes chances pour que vous entendiez un train dans le lointain, pour que des rails soient visibles dans le paysage urbain.

Cimetières dans le roman

« Le cimetière était vaste, séparé en six sections rectangulaires. Les plus anciennes tombes, datant du début de la colonie, se trouvaient tout au fond. Les plus récentes se rapprochaient de la sortie, à mesure que l’espace était utilisé. C’était l’un des premiers cimetières de l’île deMontréal. »

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La première mention de la métropole québécoise dans le roman survient dès le début. Mon personnage principal, Thomas Pelletier, se rend de nuit dans un cimetière sombre et isolé. Il s’y retrouve pour méditer sur la tombe de son petit frère. L’étendue des morts qui m’a inspiré la scène est en fait « Le repos Saint-François d’assise » sur la rue Sherbrooke, non loin de la station de métro Langelier. Ma description de l’endroit n’est pas trop réaliste, j’ai modifié des éléments du décor pour servir ma cause, y ajouter une haute clôture et de la végétation plus importantes. On me pardonnera surement ce petit écart.

J’ai une passion avouée pour les cimetières, qui sont le premier endroit visité dès mon arrivée dans une ville inconnue. Ce sont des lieux calmes, empreints d’une sérénité et d’une beauté appréciable. Comme Thomas, je m’y retrouve pour puiser dans ma conscience et mon esprit, les idées, les images, les sons qui peuplent mes écrits. C’est d’ailleurs dans ces endroits isolés que la plupart de mes moments d’inspirations se sont produits.

Mon cimetière préféré de Montréal est sur le versant nord de la montagne du Mont-Royal, situé sur le chemin de la Forêt. Une large étendue funéraire de plus de 165 acres. Il s’agit d’un des premiers lieux d’ensevelissement d’Amérique du Nord. C’est un endroit au paysage pittoresque, avec des stèles et de petites collines.

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Appartement

« Heureuses, elles vivaient dans un quartier résidentiel de Montréal, dans un appartement au deuxième étage d’une charmante maison. Leur vie était simple, beaucoup de sorties, de plaisirs et de bonheur. Rien ne laissait présager la tragédie qui allait survenir. »

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Mes deux personnages principaux, Thomas et Lilly, ont vécu à divers moments de leurs existences dans la ville de Montréal. Pour Thomas, tout a commencé dans la résidence familiale, ce refuge devenu détestable où la vie a basculé dans le chaos le plus complet. La résidence de ses parents est un endroit fictif, mais la présence des rails à proximité est une constante qui ne m’a jamais quitté durant mes nombreux déménagements. J’ai vécu à Laval, tout près de la ligne de train de banlieue, vécu à Sainte-Thècle, non loin du chemin de fer fréquenté par de longs convois de marchandises et de trains de passagers. Je vis aujourd’hui à moins d’un demi-kilomètre d’une gare et le train se manifeste dans l’écho de son klaxon bruyant aux passages à niveau.

Lilly, quant à elle, vivait dans ces rues typiques de Montréal que j’adore tant et qui fleurissent sur les cartes postales, les sites de voyages. À l’époque, elle n’était qu’une fillette innocente vivant avec une mère seule, faisant de son mieux pour subvenir à leurs besoins. Les immeubles du genre ont souvent deux ou trois étages, formant deux rangées de façades protégeant une rue étroite. Ils sont faciles à reconnaitre, avec leurs escaliers en colimaçons, ces petites bandes de végétations créant l’illusion d’un parterre à entretenir. Souvent, des arbres sont plantés le long du trottoir, à intervalle régulier. Ce genre de rue évoque, dans mon esprit, le premier juillet la frénésie des déménagements, des camions de locations bloquant la rue, des gens couverts de sueur transportant de lourds cartons. Je revois aussi les drapeaux québécois sur les balcons les plus hauts, des bicyclettes, des caisses de bières vides et des chaises pliantes. L’hiver, les voitures sont ensevelies sous la neige, les trottoirs n’existent plus et la rue est nimbée d’une clarté irréelle, poétique, diffuse par les lumières de rues. C’est un aspect de Montréal que je n’ai retrouvé nulle part, une quiétude de quartier unique à la métropole.

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Gare Centrale et chemins de fer

« “Il y a de cela cinq jours, je débarquai d’un train de marchandises venu de Burlington, dans le Vermont. C’était un long voyage. J’avais mis pied tout près du centre-ville, non loin de la gare Centrale et le convoi avait poursuivi son chemin, bruyant et pesant, un train d’au moins une soixantaine de wagons”

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Sheridan est le tueur en série qui hante mon roman. Un être ignoble né d’un amalgame intéressant de souvenirs confus, de rêves, d’éléments tirés d’émissions de télévision sur les vagabonds et sur les voyages clandestins sur les rails. Dans le récit, mon héros fait son arrivée dans Montréal sur un train de marchandises, non loin de la gare Centrale au centre-ville. J’ai imaginé une sorte d’immense réseau de rails, un parc rempli de wagons immobiles, de locomotives au repos. Le genre d’endroit qui existe peut-être dans l’immense réseau ferroviaire du Québec. Ce sera donc à proximité des édifices de bétons et d’aciers, non loin du port de Montréal, qu’il fera son intrusion dans la ville. Si vous avez déjà pris le train pour quitter la gare Centrale, tout en portant attention au paysage qui défile, vous aurez remarqué plusieurs voies non empruntées, des wagons immobiles, une activité inconnue se déroulant dans l’anonymat. Mon esprit s’est emparé de ces détails, pour peupler ces zones sombres dans les tunnels, le long du chemin de fer, de vagabonds assoiffés, d’âmes perdues cherchant un refuge pour la nuit.

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Voilà. J’espère que vous aurez aimé cette petite excursion bien inoffensive dans l’univers de mon roman “Le tueur des rails”. N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions et commentaires. Sylvain_johnson@yahoo.com.

Merci à “Montréal Attitude” et à Gaëlle Dupille.

Le Tueur des rails en France :

https://ivrebook.wordpress.com/2014/09/26/le-tueur-des-rails-de-sylvain-johnson/

Le Tueur des rails au Québec :

Papier : http://www.archambault.ca/johnson-sylvain-tueur-des-rails-le-ACH003135609-fr-pr

Numérique : http://www.archambault.ca/sylvain-johnson-le-tueur-des-rails-JLI15633614-fr-pr

Merci Sylvain ! 🙂

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